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06-07-2010 par Aude BriauxWatch the Waste: l'interview de Baptiste Monsaingeon

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Interview de Baptiste Monsaingeon, membre d'équipage de Watch the Waste et chercheur en anthropologie à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).

Surfrider : Vous venez de boucler le tour de l'Atlantique Nord en huit mois, partis à la découverte des déchets en mer pouvez-vous nous raconter ce que vous avez observé?

Baptiste Monsaingeon : Ce que l'on peut rapporter de cette aventure est un constat fait à l'échelle de notre petit voilier. Soit rien du tout à l'échelle océanique, et pourtant on a tout de même croisé des quantités énormes de déchets flottants. Notre grande surprise a été d'en découvrir au milieu de nulle part. Le nombre de déchets visibles que nous avons comptabilisés au cours de notre périple avoisine les estimations que l'Onu avait déjà publiées en 2006. Une dizaine de millions de déchets serait bien présente dans les mers et océans de notre planète.

Par contre, nous n'avons pas croisé de continents de déchets, une image qui passe bien pour le public mais la réalité n'en est pas moins parlante en terme de pollution marine. A notre petite échelle : moins aurait été décevant, plus aurait été catastrophique.

Surfrider : Sous quelle forme sont les déchets que vous avez trouvés sur votre route?

Baptiste Monsaingeon: Les déchets plastiques, compte tenu de leur structure moléculaire, sont les déchets flottants les plus visibles, donc les plus observés. En grande majorité, ces déchets sont issus de notre consommation quotidienne : flacons, bouteilles, sacs…Nous avons aussi constaté la présence de nombreux déchets plastiques en décomposition.

Surfrider : Humainement, quel constat tirez- vous de cette aventure ?

Baptiste Monsaingeon: Ce qui nous a profondément marqué, c'est le tourisme de masse qui se développe de manière exponentielle. La densification de la présence humaine sur la mer et dans les îles aussi, et l'augmentation du trafic maritime. Tous ces facteurs contribuent à accélérer le phénomène de pollution. Pour exemple, nous avons vu les bateaux de croisière déverser des flots incessants de touristes sur des îles si petites qu'on se demande comment elles vont pouvoir gérer cet afflux humain considérable. Les principaux enjeux sont là au niveau de la consommation et du développement touristique dans des zones où la gestion des déchets est inexistante voir difficile. La prise de conscience la plus forte se situe dans le développement des marinas, l'afflux des plaisanciers, le développement hallucinant de la consommation et du tourisme.

Surfrider: Votre périple en mer a pris fin le 12 juin mais la sensibilisation se poursuit. Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le Portail d'observation en mer que vous avez mis au point et que va-t-il apporter à la lutte contre les pollutions?

Baptiste Monsaingeon: Il n'existe, selon nous, aucune réponse en termes de dépollution. Nous devons concentrer nos efforts sur la sensibilisation,  notre démarche est de parvenir à une prise de conscience dans notre manière de consommer. L'idée de ce portail est justement de parvenir à proposer une veille collective par le plus grand nombre de navigants et de cartographier en temps réel les zones d'agglomérations des déchets en mer. L'objectif est de responsabiliser et de faire changer les choses.

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