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19-08-2010 par Cristina BarreauPas de vacances pour les bateaux pollueurs
Le samedi 14 août, le Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage de la Méditerranée alerté par un plaisancier découvre une nappe d’hydrocarbures souillant les eaux cristallines de l’ile de Porquerolles (à l’est de Toulon et au sud d’Hyères).
La pollution se présente sous la forme d’une irisation d’environ 15 kilomètres de long et de 150 mètres de large. Selon l’officier de la Communication Bernard Celier de la préfecture maritime de la Méditerranée, il s’agirait “d’une pollution orpheline qui ne présente pas de matières ni de boulettes”.
Le survol de la zone par un avion des douanes a permis de localiser rapidement la pollution. Celle-ci a été immédiatement traitée “par brassage” par le remorqueur « Abeille Flandres » qui se trouvait à quelques minutes seulement de la zone identifiée. La Préfecture maritime de la Méditerranée a également envoyé sur place le bâtiment de soutien, d’assistance et de dépollution JASON ainsi qu’une équipe de spécialistes tandis que l’avion de surveillance des douanes tenter de déterminer l’étendu de la nappe.
A l’heure actuelle, on ignore encore l’origine de cette pollution et nous pouvons légitimement penser qu’on ne trouvera jamais qui en est son auteur. Est-ce un accident ? Est ce un bateau qui a préféré vider ses cuves souillées d’hydrocarbures dans la mer à moindre cout plutôt que de les ramener dans un port. On ne le saura probablement jamais…
Les médias se focalisent sur les accidents et autres marées noires qui ont des conséquences catastrophiques sur l’environnement marin mais trop souvent ils oublient de mentionner les pollutions orphelines qui souillent nos océans et ce, quotidiennement. En 2009, en Méditerranée, les autorités maritimes ont dénombré plus de 190 pollutions orphelines dont 100 par hydrocarbures. Chaque année, 150.000 tonnes sont rejetées en Méditerranée, ce qui équivaut à dix Erika et de deux Prestige.
Surfrider Foundation Europe lutte contre les voyous des mers en se portant partie civile à chaque dégazage ayant lieu en zone maritime française mais également en incitant le développement de nouvelles technologies pour une meilleure détection des pollutions et de leurs auteurs. Nous avons notamment organisé un workshop pendant les journées européennes de la mer et participé au grenelle de la mer (grande réunion de concertation entre tous les acteurs maritimes organisés par l’Etat français) ainsi qu’aux comités opérationnels au cours desquels nous avons porté des engagements en ce sens. Ces engagements ont été adoptés et nous espérons qu’ils conduiront à l’utilisation de nouvelles techniques telles que l’utilisation de satellites et l’observation de nuit afin de réduire le nombre de pollutions orphelines et de s’assurer qu’aucune pollution ne reste impunie.
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