90% du transport de marchandises en Europe se fait par voie maritime
C’est un secteur en pleine expansion. Si l’on se réfère seulement au secteur des porte-conteneurs, le trafic a augmenté de 10% par an de 1999 à 2003 et a plus que doublé sur les 6 dernières années.
On évalue à près de 50 000 le nombre de navires de gros tonnage qui croisent sur le territoire européen. Cela équivaut quotidiennement pour la Méditerranée à 550 navires par jour, soit environ un navire qui passe toutes les trois minutes.
Avec la croissance de cette activité les nuisances induites elles aussi augmentent proportionnellement.
A l’heure actuelle les pollutions liées au transport maritime représentent 12% de la pollution des océans.
Ce chiffre, si nous n’anticipons pas cette croissance, pourrait bien évoluer à la hausse, c’est pour cela que Surfrider Foundation Europe s’est lancée dans un important travail de recherche.
La pollution atmosphérique une pollution qui ne se voit pas mais qui représente 3,5% des émissions mondiales.
Contrairement aux idées reçues, le transport maritime occupe une place de choix dans le palmarès des pollutions atmosphériques.
D’après une étude scientifique récente commandée par l’Organisation Maritime Internationale (OMI), les émissions annuelles de CO2 du transport maritime international ont atteint 1,12 milliard de tonnes en 2007, soit 3,5% des émissions mondiales.
Alors que les experts tablent pour 2010 sur une augmentation de 50% du trafic actuel, les émissions de CO2 du transport maritime devraient progresser de 30% d’ici 2020, soit 1,475 milliard de tonnes annuelles.
Même si le transport maritime demeure le mode de transport qui participe le moins aux effets de serre, ses émissions de CO2 doivent elles aussi être prises en considération.
Les déchets rejetés par les navires
En moyenne chaque année, 400 à 4 000 kg de déchets s'échouent par kilomètre de côte.
Même si près de 80% de cette pollution provient du continent, l’ensemble de la pollution lié aux déchets est un facteur important d’étouffement du milieu marin. (cf notre dossier macro déchets et participez aux Initiatives Océanes)
Les Déballastages
Cette pratique représente un double danger quand elle se fait en dehors des installations portuaires prévues à cet effet : d’une part la dispersion des résidus d’hydrocarbures présents dans les cuves, d’autre part, le rejet en mer d’espèces exotiques, dangereuses pour la biodiversité. En effet, le déballastage de l’eau de mer, pompée à un endroit du globe et vidangée dans un autre, peut provoquer le transfert d’espèces invasives d’un écosystème à un autre.
Les conséquences des introductions peuvent être dramatiques pour la biodiversité, la santé humaine et animale et les activités économiques.
Les invasions biologiques représentent en effet la deuxième cause de la perte de biodiversité dans le monde après la destruction des milieux par l’Homme.
Les peintures antissalissures
La peinture antifouling est une peinture dite antisalissures destinée à empêcher les organismes marins de se fixer sur la coque des navires.
En effet, le fouling est le terme anglais décrivant la colonisation spontanée d’un support par les organismes marins. C’est un phénomène absolument normal sous l’eau qui est à l’origine de la structuration et de l’entretien de nombreuses niches écologiques marines.
L’antifouling contient une ou plusieurs molécules toxiques pour les organismes qui se fixent sur les coques des navires ou les objets immergés que l’on veut protéger. Le TBT (tributylétain) induit notamment chez certains organismes un phénomène d’imposex (masculinisation des organes sexuels féminins en l'occurrence) mais a également des conséquences néfastes chez l’Homme lorsqu’il est inhalé (application à la bombe) ou ingéré par consommation de coquillages contaminés.