Gardiens de la Côte : le point sur nos combats de protection du littoral

Avec le programme Gardiens de la Côte, les citoyens s’engagent concrètement pour protéger l’océan et ses usagers. Régulièrement, Surfrider vous propose de faire le point sur les combats d’actualité des Gardiens de la Côte. De la Vendée française à Peniche au Portugal en passant par la baie de Doughmore en Irlande, zoom sur 3 combats qui n’ont pas fini de faire parler d’eux…

  • France : Dragages à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Il est grand temps d’arrêter les cochonneries !
Dragages _stgillesCROIXDEVIE

Captures d’écran issues de la vidéo du collectif « Non aux rejets à Saint-Gilles-Croix-de-Vie »

La vidéo du collectif « NON aux rejets à Saint-Gilles-Croix-de-Vie » postée en janvier dernier n’a pas fait couler que de l’encre ! On y voit une canalisation laissant échapper un épais liquide noir sur la dune de la Garenne à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Depuis plusieurs années, la municipalité pratique le dragage des ports, c’est-à-dire le rejet des eaux souillées collectées au fond du port sur la grande plage de Saint-Gilles, alors que de nombreuses activités telles que le surf, le kite ou encore la pêche y ont cours. Témoins de cette pratique qui dure depuis trop longtemps, les Gardiens de la Côte se mobilisent en incitant les responsables locaux, les services de l’État et les associations environnementales à se réunir pour régler définitivement ces problèmes de dragage. Parce que des alternatives existent pour ne plus polluer les plages et les dunes, il est temps de trouver une solution pérenne et concertée.

Pour accélérer le mouvement, Surfrider adresse une lettre aux élus de la communauté de communes du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie qui gère le port en les incitant à prendre le problème à bras le corps. La collectivité se doit de veiller à la pérennité des solutions d’évacuation et de traitement des boues de dragage et à leur impact sur l’environnement. Il s’agit de mettre en place une solution de concertation avec l’ensemble des acteurs afin d’améliorer l’image du territoire. Il est temps de mettre fin à cette pollution visuelle, environnementale et sanitaire qui n’a que trop durée !

  • Portugal : projet de forage d’Algarve ajourné, nouvelles menaces sur Alentejo et Peniche. Le combat continue !
Alentejo, Portugal

Côte d’Alentejo, Portugal © ktaylor

Après plusieurs années de prospection à l’extrémité méridionale du Portugal, en Algarve, le consortium formé par les compagnies Partex et Repsol a finalement reculé devant l’ampleur de la mobilisation citoyenne. Alors qu’ils annonçaient pour le mois d’octobre la réalisation de plusieurs forages d’une profondeur de plus de 1 000 mètres pour un coût de 80 millions de dollars, les citoyens de cette région prisée pour ses plages et spots de surf ont fait circuler plusieurs pétitions. Face aux enquêtes commissionnées par le gouvernement et la pression exercée par les pouvoir publics, en janvier 2017, le consortium a été forcé d’annuler ses prospections en Algarve. Cependant, les projets des industriels visent désormais 2 nouvelles régions situées plus au Nord du littoral portugais, au large des stations côtières d’Alentejo et de Peniche.

En effet, dans le contexte de la mise en place à l’échelle européenne de la directive relative à la planification de l’espace maritime, les appétits sont aiguisés. Les Gardiens de la Côte doivent plus que jamais être attentifs à ce que l’espace maritime ne se transforme pas en gâteau à partager sur l’autel des intérêts économiques. Le combat se concentre donc désormais sur ces 2 territoires menacés plus particulièrement par les sociétés d’énergie ENI et GALP.

  • Irlande : Le mur du golf de Trump ajourné, la Baie de Doughmore préservée pour autant ? Restons vigilants !
Save The Wave

©SaveTheWaves

Dans l’univers très cloisonné du nouveau Président des Etats-Unis, les murs ont une place de choix. Moins médiatisé que son projet de mur destiné à réduire l’immigration mexicaine mais tout aussi controversé, celui qui concerne la baie irlandaise de Doughmore, a suscité l’indignation de Surfrider et de l’ensemble de la communauté surf et environnementale. Afin de protéger le golf de son resort de Doonbeg de la montée des eaux et de l’érosion du littoral, le milliardaire souhaitait faire ériger un mur de 2,8 km de long et de plus de 4 mètres de haut, ce au sein d’un écosystème dunaire fragiles. Trump a publiquement affirmé être un climato-sceptique et donc ne pas croire en la modification du niveau de la mer, étroitement liée au réchauffement climatique. Le besoin de protéger son golf de l’érosion marine est donc non seulement contradictoire mais démontre clairement que les intérêts financiers du milliardaire passent outre toute logique scientifique, éthique ou démocratique. Démesuré, le projet a suscité à juste titre une levée de boucliers de la part des environnementalistes et de la communauté surf irlandaise et internationale.

Sur ce type de cas, Surfrider défend l’alternative de la relocalisation, permettant ainsi de protéger l’environnement et les usagers du littoral, tout anticipant les effets du changement climatique. C’est dans cette visée que Surfrider a intégré la coalition Save the Waves composée d’associations locales et internationales dont Friends of the Irish Environnement, Le West Coast Surf Club ou encore Friends of the Earth Ireland. Une pétition lancée sur change.org a permis de collecter déjà plus de 104 300 soutiens. En décembre, sur demande du gouvernement local et sous la pression des citoyens, le Trump International Golf Links a dû ajourner ses plans. Surfrider ne crie pas victoire pour autant puisqu’une proposition alternative a été mise sur la table par le golf, comprenant l’installation de pieux en tôle et d’une barrière rocheuse sous le sable. La Coalition Save The Waves reste sceptique quant à ce projet révisé car la région et sa beauté ne sauront composer avec une infrastructure d’une telle ampleur, aussi invisible soit-elle.

Pour suivre les actualités des Gardiens de la Côte


Qu’est-ce que le programme « Gardiens De la Côte » ?

Programme phare de Surfrider Foundation Europe basé sur l’engagement citoyen, les Gardiens de la Côte veillent à la protection du littoral en se mobilisant contre la pollution, les dégradations et l’artificialisation du littoral. Aux côtés de ces citoyens combattants de l’océan et du littoral, Surfrider apporte son soutien à travers son expertise scientifique, médiatique et, dans certains cas, juridique. A ce jour, 59 combats ont déjà été gagnés, 13 ont été perdus, 25 sont en cours et 12 combats ont été classés.

Qui peut devenir un Gardien ?

Vous avez repéré un problème environnemental et êtes prêts à vous engager pour faire évoluer la situation ? N’importe quel citoyen voulant donner de son temps peut devenir un Gardien de la Côte. La réussite de l’action locale ainsi que la mobilisation autour d’une action est étroitement lié à l’investissement dans la durée des gardiens. Si vous êtes réellement motivé et disposez d’éléments pour faire avancer le dossier dans le sens de la préservation de l’océan et du littoral, rapprochez-vous des Gardiens de la Côte !

 

Rédaction : Alicia Munoz