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Landes - Gaz des Salins
Date de dépôt 12/2011Pays : France - Département : Landes -
Objet
Depuis 2008, Electricité de France (EDF) développe un projet de stockage souterrain de gaz naturel et de saumoduc dans les Landes. Cette opération nécessite un apport en eau de mer et, à ces fins, la construction d'une double canalisation de 40 km, traversant les zones protégées Natura 2000, les nappes phréatiques et les sous-dunes. L'objectif est d'une part de puiser de l'eau de mer pour le lessivage de ces cavités, et d'autre part de rejeter l'eau chargée de sel et d'impuretés (la saumure) évacuée des cavités (1 500 m de profondeur). Les conséquences écologiques sur la faune et la flore mais aussi sur les fonds marins sont indéniables.
État des lieux
Pourquoi ce projet de stockage de gaz?
- adapter l'offre à la demande de gaz (modulation saisonnière des consommations, pointes journalières, pointes liées aux variations de la production d'électricité des énergies renouvelables)
- sécuriser les approvisionnements (risques géopolitiques, stockage stratégique en cas de défaillance des fournisseurs ou du réseau)
Pourquoi cette localisation?
C'est l'un des seuls endroits en France où il y a des dômes de sel et c'est dans ces dômes que l'on creuse des cavités (entre 500 m et 4 000 m de profondeur) pour y stocker le gaz. Le stockage en cavité saline permet de fournir très rapidement un important débit de gaz au contraire des 2 autres façons de stocker le gaz (réutiliser les cavités où il y a eu du gaz ou utiliser le milieu poreux en nappe aquifère).
Conséquences sur l'environnement
Outre la zone où serait stocké le gaz (environ 30 hectares en surface), c'est l'installation du lessivage qui présente le plus de risque pour l'environnement. Le lessivage est l'opération qui consiste à creuser les cavités à l'aide d'eau à forte pression. L'idée serait d'utiliser l'eau de mer et non pas de l'eau douce. Pour cela, il serait nécessaire de mettre en place une double canalisation de 45 km entre Pouillon et la mer. La première permettra d'acheminer l'eau de la mer depuis l'océan sur le site quant à la seconde elle permettra d'évacuer l'eau salée au large de la zone côtière. Cette double canalisation sera enterrée dans un couloir de 12 m de large.
Le rejet de l'eau,qui se ferait à 1,5 km des côtes et 15 m de profondeur, avec diffuseur (50 m de large), sera chargé en saumure et impactera la faune et la flore. Le fond marin sera détruit sur presque 2 hectares (présence d'une couche de saumure). Au-delà, la concentration en sel dans l'eau diminuera (normalement à la sortie du diffuseur, 2 g de sel de plus par litre d'eau (37g au lieu de 35 g de sel par litre) et à 1 km, on tombe à 0,05g par litre d'eau).
Les différentes étapes
Ce projet n'est actuellement pas encore définitivement entériné chez EDF. Toutefois, ce projet, évalué à 650 millions d'euros, nécessite un débat public. Le débat public a débuté le 20 octobre 2011 et se terminera le 31 janvier 2012. Suite à ce débat, le maître d'ouvrage 'EDF' fera connaître sa décision avant la fin du 1er semestre 2012 de poursuivre ou non le projet.
Débuteront ensuite les études complémentaires (études d'impact...) entre 2012 et 2014. Les premiers travaux (la construction du saumoduc) n'interviendraient pas avant 2016.
Surfrider Foundation Europe
Surfrider accompagne le Gardien, bénévole au sein de l'antenne Surfrider Sud landes, dans son combat. Le Gardien a assisté aux différentes réunions organisées lors du débat public. Surfrider y a aussi participé en déposant un cahier d'acteur présentant les risques d'un tel projet sur l'environnement. Au côté du Collectif Citoyen Stockage-Gaz Landes, Surfrider et le Gardien ont organisé des rassemblements, comme celui sur ma plage de Messanges qui a réuni plus de 700 personnes et une pétition, toujours en ligne, a été diffusée à toute la communauté océan de l'association. La Commission Particulière du Débat Public (CPDP) a rendu son avis le 19 mars 2012 mais n'a pas pris de position concernant le projet, se contentant de dresser un bilan des réunion du débat public.
Le 1er avril 2012, nous avons participé à une journée de sensibilisation sur la thématique de l'écologie et de l'environnement et le 24 mai, en collaboration avec la radio Surf FM, l'antenne Sud Landes a organisé une conférence permettant d'informer les usagers. De plus, l'EuroSima (European Surf Industry Manufacturers Association), regroupant des entreprises de la filière glisse, s'est officiellement positionné contre le projet d'EDF.
Le 18 juin 2012, EDF a annoncé poursuivre l'analyse du projet de stockage souterrain de gaz naturel de Salins des Landes. EDF précise dans un communiqué que "les résultats du forage en cours attendus pour la fin d l'année, seront déterminants pour la décision de lancer ou non la phase suivante".
Catherine Greze, député européen du sud-ouest de passage à Pouillon, va porter un recours au niveau de la commission européenne contre le projet EDF relatif à la traversée des zones sensibles et protégées. Le Président de la République a été saisi, par courrier par le collectif citoyen, ainsi que les ministres concernés afin d'avoir leur sentiment sur ce dossier.
L'été 2012 marque une nouvelle étape. L'antenne et le collectif de citoyens ont réalisé des affiches d'information apposées à l'entrée de chaque plage ainsi que des présentoirs d'informations, traduits en anglais, allemand et espagnol, à l'attention des offices de tourisme.
Une délégation (représentants du collectif citoyen et de différentes associations dont SFE) a été reçue par le sous-préfet des Landes dans l'objectif de remettre la pétition et de réclamer le droit de participer au nom des citoyens aux futures concertations afin que soit ainsi véritablement prise en compte la volonté de la population de refuser ce projet.
Le 13 janvier 2013, Henri Emmanuelli a annoncé l'abandon du projet. Les études ont démontré que la rentabilité de ce projet était très aléatoire et son intérêt économique pas assez convaincant. Faute de solution alternative, le projet est abandonné.
L'ensemble des informations développées ici est fonction des renseignements que nous avons pu obtenir. Nous ne prétendons pas avoir une vision complète des problématiques présentées. Aussi, toutes informations complémentaires sont les bienvenues.







