Le 12 décembre 2015, après deux semaines de négociations, les 195 États sont parvenus à un accord mondial pour agir face au changement climatique. Un mois après l’Accord de Paris, tout reste désormais à faire et l’avenir nous dira si les paroles et les engagements pris lors de la COP21 seront, ou non, suivis par des actes. 

Un accord historique

« L’Accord de Paris rassemble pour la première fois toutes les nations dans une cause commune en fonction de leurs responsabilités historiques, actuelles et futures » communiqué de presse de l’ONU le 14 décembre 2015.

Après l’impasse du Protocole de Kyoto puis l’échec de la Conférence de Copenhague, l’Accord de Paris peut être considéré comme un véritable succès sur plusieurs points. C’est avant tout un succès diplomatique. Les chefs d’états ont réussi à se mettre d’accord sur un seul et unique texte et cela malgré les intérêts et priorités de chacun. Jusqu’au dernier moment tout aurait pu basculer à la seule volonté d’un État. Désormais, reste à voir si ce sera également un succès climatique.

L’Accord en 5 points

  • En dessous de 2 degrés voir 1,5 degrés

L’Accord de Paris réaffirme non seulement le seuil limite de +2 degrés d’augmentation de la température globale à la surface de la Terre mais évoque également l’objectif de se limiter au seuil de +1,5 degrés. C’est la première fois qu’un accord international se fixe un tel objectif. Irréaliste ou pas, ce seuil pourrait limiter la submersion des États insulaires, les plus menacés par la hausse des températures et la montée des eaux qui en découle.

  • 100 milliards $

L’Accord prévoit un financement de 100 milliards de dollars, sous la forme de prêts et de dons de la part des partis membres de l’Accord. Ce budget sera consacré chaque année à financer des projets visant d’abord la réduction des gaz à effet de serre puis permettant aux pays de s’adapter aux changements climatiques. Le montant du budget sera révisé tous les 5 ans, et sera probablement revu à la hausse par les partis de l’Accord, afin qu’il soit adapté aux besoins.

  • Obligation de transparence

Un organe de vérification des Nations Unies est également au cœur de l’Accord. Celui-ci a pour mission le suivi des engagements des pays et la transparence dans les financements. De cette manière, tous les deux ans, les États devront produire un rapport détaillant leur politique climatique qui sera vérifié par les experts des Nations Unies.

  • Différenciation des efforts

Le texte de l’Accord rappelle le principe des « responsabilités communes mais différenciées » des pays face au changement climatique, qui était inscrit dans la Convention onusienne sur le climat de Rio en 1992. Ainsi l’Accord de Paris insiste sur le fait que les efforts doivent être accomplis « sur la base de l’équité ». Les pays en développement ne sont donc pas tenus d’apporter leur soutien financier en contrepartie de leurs concessions inévitables face aux effets du changement climatique sur leur territoire et leurs populations.

  • Non-contraignant

Point qui fait débat, le caractère non-contraignant de l’Accord. Cette absence de sanction s’explique très certainement par la volonté de ne pas retomber dans l’impasse du Protocole de Kyoto. En effet, les États-Unis n’ont jamais ratifié le Protocole de Kyoto à cause justement de son caractère contraignant, et le Canada puis la Russie, le Japon et l’Australie se sont finalement retirés du Protocole sous la menace de sanctions. L’Accord de Paris met alors l’emphase sur le caractère volontaire des pays dans leur lutte face au changement climatique.

Quelles suites maintenant ?

Le rôle de Président de la COP 21, Laurent Fabius, ne prend pas fin, bien au contraire. Avant de passer le relai en novembre prochain au Maroc, il a souligné sa volonté de consolider l’accord sur deux points : la question du financement mais aussi la révision des engagements nationaux des États présentés en amont de la COP 21, qui ne sont pas en adéquation avec l’Accord de Paris. En effet, en les additionnant nous atteignons le seuil des 3°degrés. Il est donc nécessaire que les États revoient leur copie au plus vite. 

Une des étapes les plus importantes à venir sera celle de l’entrée en vigueur du texte. Pour cela il doit être ratifié d’ici 2020 par au moins 55 pays. Précisons que ces 55 pays doivent représenter au moins 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Sur ce point, il faut espérer que certains pays ne voient pas leurs engagements remis en question au niveau national. On peut notamment citer l’exemple des États-Unis où la ratification de l’Accord dépend du vote du Sénat au sein duquel s’opposent démocrates et républicains.

1er pas d’un long voyage

L’Accord de Paris est loin d’être parfait, certes, mais il marque un tournant dans l’histoire des négociations climatiques. Si tout repose désormais sur la volonté des États de respecter ou non leurs engagements, la COP 21 a indéniablement permis l’éveil d’une conscience internationale et la nécessité d’agir au plus vite pour faire face au changement climatique.

La COP 21 est aussi pour nous une belle victoire. Les Océans ont enfin été entendus et pris en compte et cela grâce au travail mené par l’ensemble des membres de la Plateforme Océan et Climat. A nous de continuer à faire bouger les choses !

Léa Daulan, Rédactrice environnement

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