Comprendre l’analyse des eaux littorales

Les Analyses en pratique

Les prélèvements sont effectués de façon hebdomadaire ou bimensuelle, selon la période de l’année. Les échantillons prélevés par les Watermen Testeurs sont ensuite analysés dans les laboratoires de Surfrider ou par des laboratoires indépendants. La technique d’analyse utilisée pour le dénombrement des bactéries est une méthode miniaturisée (nombre le plus probable). Conformément à la réglementation s’appliquant aux eaux de baignade, elle vise l’analyse des concentrations en Escherichia Coli et en Entérocoques, selon les normes préconisées par la directive 2006/7/CE, et ce afin de répondre aux nouvelles exigences réglementaires européennes. En savoir plus sur la méthodologie d’analyse !

Quelques chiffres sur la qualité de l’eau

Infographie qualité de l'eau

Notre FAQ pour tout comprendre sur la qualité des eaux et le rôle de Surfrider

Qu’est-ce qu’une zone de baignade ?

C’est l’ensemble des zones accessibles au public où la baignade est habituellement pratiquée par un nombre important de baigneurs et qui n’ont pas fait l’objet d’un arrêté d’interdiction. Les eaux de baignade, sont recensées par les communes avant le début de chaque saison balnéaire. L’avis du public exprimé au cours de la saison précédente est recueilli en mairie et pris en compte pour la saison suivante. La liste des zones de baignade est accessible dans chaque mairie.

En revanche, les zones d’activités nautiques où se pratiquent surf, windsurf, plongée, kayak, etc. ne sont soumises à aucune règlementation et ne sont pas surveillées officiellement. Afin de répondre aux attentes des usagers de la mer, Surfrider a développé sur le territoire, 3 laboratoires qui surveillent toute l’année la qualité des eaux en complément des réseaux existants.

Consulter la liste des spots suivis

Quels sont les critères étudiés pour la pollution de l’eau de baignade ?

Conformément à la directive 76/160/CEE, la surveillance de la qualité des eaux de baignade est réglementée suivant des paramètres bactériologiques : Escherichia coli (bactérie fécale d’origine humaine) et les Entérocoques intestinaux (bactéries fécales d’origine animale). Ces deux paramètres sont des indicateurs témoins d’une pollution bactériologique et ont la particularité de pouvoir être analysés rapidement.

A ces critères bactériologiques s’ajoutent certains paramètres physico-chimiques et biologiques constatables visuellement : hydrocarbures, déchets aquatiques, méduses, algues, etc.

La directive 2006/7/CE, remplaçant progressivement la directive de 1976 et qui la remplacera définitivement au 1er janvier 2015, a pour but de simplifier la surveillance de la qualité bactériologique des zones de baignade. Cette dernière se révèle être plus stricte dans les seuils bactériologiques. Elle introduit la mise en place d’un « profil » des eaux de baignade qui correspond à une identification et à une étude des sources de pollutions pouvant affecter la qualité de l’eau de baignade d’un site. Ce document complet est disponible en mairie et permet une meilleure information auprès du grand public. Une version simplifiée doit également être affichée sur les sites de baignade surveillés.

Les eaux d’activités nautiques n’étant pas soumises à la surveillance et à la réglementation, Surfrider s’appuie sur les critères d’évaluation de la directive 2006/7/CE relative à la qualité des eaux de baignade, pour donner son avis sur la qualité des « spots » surveillés.

Comment savoir si l’eau dans laquelle je me baigne est propre à la baignade ?

Les contrôles effectués par les techniciens des Pôles Santé-Environnement de l’Agence Régionale de Santé (ARS) se composent d’un état des lieux du site et d’un échantillonnage d’eau au moment du prélèvement. Après analyse bactériologique en laboratoire agréé, le résultat, accompagné de son appréciation sanitaire établie par l’ARS, est transmis aux mairies qui doivent en assurer l’affichage directement sur les plages ainsi que sur le site Internet de la commune.

Toutes les plages surveillées sont équipées de flammes ou drapeaux indiquant la dangerosité liée à la baignade et la qualité des eaux, différenciée par des couleurs : vert (baignade sans danger), jaune (bonne qualité de l’eau mais baignade à risque) et rouge (baignade interdite). Dans certaines régions françaises, une flamme violette peut être hissée en cas de pollution suspectée ou avérée.

Il paraît toutefois important de signaler qu’en l’absence de signalisation, le public se baigne à ses risques et périls.

Depuis le 21 mai 2013, le rapport de l’Agence Européenne de l’Environnement dresse une vue d’ensemble de la qualité des eaux de baignade des Etats membres de l’Union Européenne pour la saison 2012.

Quels sont les risques pour ma santé ?

La baignade comporte des risques : la noyade, l’hydrocution mais également les infections liées à une eau de mauvaise qualité par contact cutané ou par ingestion.

Le contact avec des germes pathogènes peut entraîner des maladies de la sphère oto-rhino-laryngée ou de l’appareil digestif (gastro entérites, irritations des yeux, éruptions cutanées, etc.).

Dans l’eau, les germes pathogènes sont assez difficiles à détecter ; on recherche donc les germes témoins de contamination fécale (Escherichia coli et entérocoques).

Une eau de baignade, dans laquelle ces normes sont respectées, présente peu de risque pour la santé du baigneur. Il est difficile d’identifier précisément le risque encouru par une personne qui se baigne dans une eau dite de mauvaise qualité. Ce risque dépend de l’état de santé et de l’âge du baigneur lui-même (enfant, personne âgée, etc), certaines personnes étant moins vulnérables que d’autres.

Plus d’information sur la pollution microbiologique des eaux de baignade

Pourquoi a-t-on les résultats entre 2 et 3 jours après le prélèvement ?

Les directives en vigueur imposent une analyse de la qualité de l’eau appuyée sur une méthode par microplaques permettant d’identifier la présence ou l’absence de bactéries dans le milieu. Le temps d’obtention des résultats est incompressible car le protocole opératoire impose un temps de « mise en culture » de 36 à 72 h.

C’est pourquoi les usagers ne sont informés que de la qualité de l’eau de l’avant-veille.

Ne peut on pas avoir des résultats plus rapidement ?

La nouvelle directive européenne (2006/7/CE) exige que les communes anticipent les risques de pollution, et prennent aussitôt les mesures de prévention et d’information nécessaires.

De nombreuses communes ont donc décidé de mettre en place sur leurs plages en été une gestion active. Pour cela, elles se rapprochent de laboratoires privés qui utilisent des méthodes plus rapides mais non officielles. Elles permettent d’obtenir les résultats en 3 ou 6 h selon la méthode utilisée. Ce sont le plus souvent des méthodes de biologie moléculaire, dénombrant l’ADN des bactéries recherchées. C’est une démarche volontariste de la part des communes, qui réalisent donc des prélèvements supplémentaires en plus des prélèvements officiels des ARS. Les méthodes n’étant pas officielles, ces résultats ne sont pas obligatoirement communiqués au grand public mais sont un outil d’aide à la décision du maire qui décide d’ouvrir ou de fermer les plages avec une meilleure réactivité. Au niveau de l’affichage sur les sites de baignade, les résultats des analyses officielles réalisées par les ARS permettent au grand public d’être informé sur la qualité de l’eau et des risques encourus en cas de pollution.

Pourquoi la qualité de l’eau est-elle moins bonne après de fortes pluies ?

La dégradation de la qualité des eaux est très souvent liée aux épisodes de fortes précipitations. Les principales sources de pollutions sont les suivantes :

  1. L’assainissement/mauvais raccordements d’habitations au réseau d’assainissement, rejets des stations d’épuration d’eaux résiduaires, déversoirs d’orage et postes de refoulement : lors de fortes précipitations, les réseaux et les stations d’assainissement peuvent ne pas être en mesure de traiter l’intégralité des eaux, ces situations entrainant des déversements d’eau non traitées dans le milieu naturel ;
  2. Le lessivage des rues et le ruissellement des sols contaminés par les déjections animales ;
  3. Le lessivage des parcelles d’élevage polluées par les bactéries fécales.

Comment peut on améliorer la qualité bactériologique de l’eau par temps de pluie ?

La qualité de l’eau par temps de pluie peut être améliorée en travaillant sur le long terme sur les réseaux d’assainissement, les stations d’épuration, et à l’échelle des bassins versant qui drainent tous les rejets et ruissellements. Sur certains territoires des mesures sont prises pour atteindre ces objectifs en développant des contrats de bassin, contrats de baie, contrats de rade ou contrats de rivière par exemple.

Quand sont faits les prélèvements ?

Les prélèvements sont réalisés sur les zones de baignade pendant la saison balnéaire par des agents de l’ARS ou par les laboratoires agréés par le ministère chargé de la santé. La période de suivi peut varier selon les départements en raison de conditions climatiques différentes. Le suivi s’étend pour la France métropolitaine en général du 15 juin au 15 septembre. Le suivi est effectué sur l’ensemble de l’année dans les départements d’outre-mer.

La réglementation en vigueur prévoit la réalisation d’un prélèvement entre 10 et 20 jours avant l’ouverture de la saison, puis des prélèvements, selon une fréquence minimale bimensuelle durant toute la saison balnéaire. Lorsqu’au cours des 2 années précédentes, la qualité des eaux de baignade est demeurée conforme aux normes impératives définies par la réglementation, le nombre de prélèvements peut être réduit, sans toutefois être inférieur à 1 par mois.

Depuis 2010, il est également nécessaire de respecter un nombre minimal de 4 prélèvements par saison en application de la directive européenne (directive 2006/7/CE).

Quels sont les rôles précis de l’ARS, des communes et de Surfrider ?

Le rôle des communes

Les communes sont chargées de recenser chaque année les eaux de baignades situées sur leur territoire. A cette occasion, elles doivent donner la possibilité au public d’exprimer son avis et mettent ainsi à disposition en mairie un registre pour recueillir les observations du grand public. Elles doivent afficher les résultats de l’ARS à proximité des plages et sur le site Internet de la commune.

Par ailleurs, à partir de la saison 2012, le nombre des informations à diffuser au public, à proximité du site de baignade mais aussi via Internet est accru en application de la directive 2006/7/CE, notamment pour informer le public sur les causes précises des éventuelles contaminations des eaux de baignade.

Le rôle de l’ARS

Les ARS envoient régulièrement les résultats d’analyses aux collectivités et/ou gestionnaires des sites de baignades dès leur transmission par le laboratoire, en leur indiquant l’interprétation sanitaire de ces résultats.  Les ARS mettent également ces résultats en ligne sur ce site dans la rubrique « Qualité de l’eau »

A l’issue de la saison, les ARS réalisent et diffusent un bilan où est porté le classement final de l’ensemble des sites de baignade.

Le rôle de Surfrider

Surfrider réalise un suivi complémentaire à ces suivis officiels en s’intéressant aux zones d’activités nautiques (spots de surfs, windsurf, plongée, kayak, etc.) qui ne sont soumises à aucune réglementation, et ce toute l’année. Ce travail s’effectue sur le département des Pyrénées Atlantiques, du Finistère, ainsi que sur le littoral de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Les objectifs de ces réseaux de suivi sont d’acquérir des données de qualité bactériologique de l’eau des zones d’activités nautiques toute l’année pour mieux caractériser le milieu, informer les adhérents de Surfrider, les pratiquants d’activités nautiques, le grand public, les acteurs locaux concernés et les collectivités sur la qualité des zones suivies, mettre en évidence les problèmes de contamination et agir dans la concertation pour l’amélioration de la qualité des eaux concernées.

Consulter les résultats des analyses effectuées par Surfrider

Surfrider peut-elle fermer une plage ?

Non, seules les communes et les agences régionales de santé ont compétence pour décider si la baignade est ouverte au public ou pas. L’association publie des données sur la qualité de l’eau des zones d’activités nautiques mais n’a pas vocation à donner des garanties sanitaires.

Pourquoi les réseaux de suivi Surfrider ne font pas de prélèvement toutes les semaines ?

L’activité d’un réseau de suivi de Surfrider est fonction de la disponibilité des bénévoles (qui réalisent les prélèvements sur les zones d’activités nautiques) et de l’équipe salariée qui l’anime ainsi que des aspects techniques du suivi (acheminement des échantillons, changement de laboratoire d’analyse, redéfinition des zones à suivre, …) et également des conditions météorologiques ou d’accessibilité au milieu.

La couleur de l’eau reflète-t-elle la qualité de l’eau ?

Non, la couleur de l’eau et sa perception sont influencées par différents facteurs comme la couleur du ciel, la présence de sédiments apportés du continent, mais également par la présence d’algues qui peut lui donner une couleur verte.

En été, des phénomènes naturels comme des efflorescences planctoniques ou une remise en suspension de sable due aux courants, peuvent également modifier l’apparence de la couleur de l’eau.

Seul un prélèvement suivi d’une analyse de l’eau peut renseigner sur la qualité du milieu.

Pourquoi les résultats d’analyses bactériologiques sont si variables ?

On peut constater, d’un jour à l’autre ou d’une saison estivale à l’autre de fortes différences sur la qualité bactériologique d’une zone de baignade. La qualité bactériologique de l’eau est très ponctuelle et sensible aux variations du milieu et de l’apport de pollution.

Les bactéries qui sont recherchées ne sont pas faites pour subsister longtemps en mer car ce n’est pas leur « milieu de vie ». S’il n’y a pas d’apport continu d’eaux polluées, la pollution va se disperser en mer (sous l’effet des marées, du vent, de la houle) et les bactéries vont disparaître notamment sous l’effet des UV.

Le temps de dispersion de la pollution est donc très variable selon le site et les conditions météorologiques.

Quelle est la différence entre le « Pavillon Bleu » et la « Certification Qualité Eau de Baignade » ?

 Le « Pavillon bleu » est un label décerné aux communes s’impliquant dans une démarche globale respectueuse de l’environnement basé sur 4 grands critères (éducation à l’environnement, environnement général et gestion du site, gestion de l’eau et gestion des déchets) eux-mêmes sous-divisés en d’autres critères d’évaluation. Ainsi, plusieurs aspects « entrent » en jeu et la « qualité de l’eau » au sens propre du terme n’est qu’un paramètre parmi d’autres. Le « Pavillon Bleu » est un label présent dans plus d’une quarantaine de pays à travers le monde.

Plus récemment, la certification « Démarche Qualité Eau de Baignade » a permis à certains gestionnaires d’être proactifs dans leur démarche de gestion des eaux de baignade. Cette certification s’appuie notamment sur la mise en place d’outils d’aide à la décision comme les systèmes d’auto surveillance. Ces suivis complémentaires au réseau officiel (ARS) permettent notamment aux communes de satisfaire aux obligations issues de la nouvelle Directive relative à la « Surveillance de la Qualité des Eaux de Baignade » tout en optimisant la mise à disposition des informations en temps réel auprès du public. Cette certification n’est valable que sur le territoire français et n’existe pas à l’échelle des autres pays européens.

Ces deux « référentiels » n’ont donc pas le même objectif et ne se basent pas sur les mêmes critères d’évaluation. Il est à rappeler que ces deux « référentiels » sont des démarches volontaristes et payantes.

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Participez aux prélèvements bi-hebdomadaire sur les zones suivies par Surfrider Foundation Europe et apportez votre contribution à la surveillance de la qualité des eaux littorales.

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