Grande America : 20 ans après l’Erika, l’histoire se répète ! 

Surfrider Europe compte porter plainte contre l’armateur et le capitaine du Grande America. Mais parce qu’une action en justice n’empêchera pas le scenario de se reproduire, Surfrider Europe lance également une pétition pour une régulation plus stricte concernant le transport maritime. Aidez-nous à faire avancer les lois pour protéger nos océans !

Grande America, un exemple de navire vétuste

Le 12 mars, le navire roulier hybride (transport de véhicules et de conteneurs) italien Grande America a coulé à plus de 300km à l’ouest des côtes françaises. Le navire de 214 mètres de long était en feu depuis dimanche 10 mars mais de mauvaises conditions météorologiques (mer forte et rafales de vent de 90 à 100km/h) ont rendu difficiles les opérations d’intervention et les 27 personnes à bord ont été évacuées.

Construit en 1997, le Grande America transportait 2200 tonnes de fuel lourd de propulsion, 365 conteneurs, dont 45 répertoriés comme transportant des matières dangereuses (100 tonnes d’acide chlorhydrique et 70 tonnes d’acide sulfurique) et 2000 véhicules. Il avait été retenu en 2010 au Royaume-Uni pour une série de déficiences techniques et depuis avait été ciblé pour plusieurs problèmes techniques dont une relative aux normes incendies.

Le lundi 11 Avril 2019 au large des cotes Bretonne. Le 10 mars 2019, le Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage (CROSS) d'Etel est informé par le Maritime Rescue Coordination Center (MRCC) de Rome de la situation à bord du navire italien « Grande America ». Le navire hybride roulier et porte-conteneurs (ConRo) «Grande America » a déclaré un incendie à bord, il se trouve à 142 nautiques au sud ouest du Finistère. L’équipage a était évacué par la Frégate britannique HMS « Argyll ». L'Amiral Lozier Jean-Louis, préfet maritime de la zone Atlantique, ordonne au Remorqueur d'Assistance et de Sauvetage (RAIS) Abeille Bourbon de rallier le navire. L'amiral décide d'envoyer l’Équipe d’Évaluation et d'Intervention (EEI) a bord du RAIS Abeille Bourbon afin d'évaluer la situation du navire. La Frégate Multi-Missions (FREMM) Aquitaine a appareillé lundi 10 avril au matin pour rejoindre le bâtiments et apporter son soutien logistique a cette opération.

Jeudi 14 mars après-midi, deux nappes de pollution aux hydrocarbures ont été identifiées : une première “d’aspect compact, mesure 13 km de long par 7 km de large, tandis que la seconde, d’aspect disloqué, mesure 9 km de long par 7 km de large, a précisé le porte-parole de la préfecture maritime de l’Atlantique Riaz Akhoune.”(Cnews.fr – 14 mars 2019).

Le gouvernement français a lancé des moyens importants anti-pollution, dont la mise en demeure de l’armateur. La France peut compter sur la collaboration européenne de l’Agence Européenne de Sécurité Maritime et notamment des moyens espagnols.

Surfrider Foundation Europe et le transport maritime, un combat politique et juridique

Surfrider Foundation Europe, depuis 29 ans d’existence, a fait de la lutte contre la pollution en mer sa vocation. Engagée pour la protection du milieu marin, l’ONG a développé une expertise dans le domaine du transport maritime, notamment sur la problématique des pollutions par les navires.

Surfrider Europe compte porter plainte contre l’armateur italien et le capitaine du navire. Elle va se constituer partie civile dans le cadre des poursuites engagées par le parquet afin de s’assurer que les pollueurs soient condamnés à la hauteur des dégâts environnementaux générés pour l’océan, sa biodiversité, et les côtes.

Surfrider Europe lance une pétition pour améliorer la réglementation du transport maritime international

Aujourd’hui Surfrider Europe fait appel à votre soutien à travers cette pétition pour montrer aux autorités publiques, à nos gouvernements nationaux et internationaux, aux instances maritimes mondiales mais également aux armateurs et professionnels du secteur maritime qu’il n’est plus acceptable de connaître de telles catastrophes environnementales, et que des sanctions exemplaires devront être prises.

Surfrider Europe demande aujourd’hui aux autorités publiques européennes et internationales :

  • Le renforcement de la réglementation internationale en matière de transport maritime lié à la perte de conteneurs
  • L’arrêt de l’utilisation de fuel lourd pour la propulsion des navires et favoriser l’utilisation du GNL (Gaz Naturel Liquéfié).
  • Plus de transparence sur la perte de conteneurs en mer et l’instauration d’un système de déclaration de perte. Depuis 1994, Surfrider a répertorié et tracé plus de 16 000 conteneurs perdus en mer dont à peine 2% ont pu être récupérés
  • Plus de contrôles sur la qualité des navires et interdire la navigation des navires vétustes pour éviter les catastrophes écologiques comme celle de l’Erika il y a 20 ans et du Grande America aujourd’hui.

Surfrider Europe présentera la pétition aux représentants du monde entier lors de la prochaine réunion de l’OMI (Organisation Maritime Internationale) qui se tiendra en mai.

Plus que jamais, votre voix compte pour soutenir l’action de Surfrider Europe et augmenter le poids de nos revendications auprès des autorités.

Signer la pétition