En 2018, les coraux sont mis à l’honneur… et il est urgent d’en prendre soin. L’Initiative Internationale des Récifs Coralliens (ICRI) est à l’origine de ce mouvement. Pour la 3ème édition, après 1997 et 2008, cette année dédiée aux coraux vise une prise de conscience, à échelle mondiale, de leur nécessité et de leur mise en danger.

Pas de récifs coralliens, pas d’océans, pas de vie

Ils occupent seulement 0,2% de la surface des océans. Pourtant ils ont un rôle indéniable. Les récifs coralliens abritent aujourd’hui 30 % des écosystèmes marins, plus de 4 000 espèces de poissons, 700 de coraux et des milliers de plantes et d’animaux marins.

Grâce à eux, 150 000 kms de côtes dans plus de 100 pays sont protégés contre vagues, tempêtes, inondations ou encore l’érosion… Depuis les quarante dernières années, 40 % des récifs coralliens ont disparu. Le changement climatique et l’aménagement des littoraux menacent terriblement leur survie. Mais pas seulement : s’ajoute à la liste la surpêche ou les techniques agressives, les dragages à proximité, l’acidification des océans, le manque de CO2 ou encore la pollution…

En bref, les récifs coralliens sont sensibles aux mutations actuelles de notre environnement et pâtissent des actions humaines. Pourtant, il est nécessaire de préserver ces récifs et toute la communauté et les écosystèmes qui en dépendent.

Des trésors menacés… par le plastique

Une nouvelle fois en cause … Les déchets plastiques mènent la vie difficile aux récifs coralliens. C’est ce que prouve une récente enquête, publiée le 26 janvier, dans la revue Science. Les auteurs de celle-ci révèlent des pathologies inquiétantes que déclarent les coraux en contact des déchets plastiques.

En effet, sur plus de 120.000 coraux examinés dans 159 récifs différents, les chercheurs constatent une forte augmentation du risque de maladie, de 4 % à 89 %, quand les coraux sont en contact avec du plastique. L’hypothèse la plus forte est que les bactéries présentes dans les fragments de plastique colonisent et affaiblissent les coraux. De plus, les déchets plastiques les privent de lumière et d’oxygène, ce qui propage les pathologies plus rapidement.

corail 2

Des risques irréversibles

Les chercheurs identifient trois pathologies principales : la maladie de la bande blanche, de la bande noire et celle de l’érosion du squelette. Résultats : toutes induisent une mortalité rapide des coraux. Selon Joleah Lamb, de l’Université Cornell (Etat de New York), principal auteur de l’étude, l’effet irréversible de ces pathologies est le plus inquiétant. Une fois le tissu corallien touché, il ne se régénère pas : « C’est comme la gangrène dans un pied, on ne peut rien faire pour l’empêcher d’affecter tout le corps sans l’amputation » déclare-t-il.

Aujourd’hui, les chercheurs estiment que 11,1 milliards de déchets plastiques sont coincés dans des récifs coralliens en Asie-Pacifique. Un volume qui devrait augmenter de 40 % au cours des sept prochaines années pour atteindre près de 16 millions de tonnes d’ici à 2025.

 

Pour que 2018 soit porteuse d’espoir pour les récifs coralliens, et plus largement pour la biodiversité marine, l’ICRI s’engage à sensibiliser le plus grand nombre et à proposer des outils de gestion et de protection. Pour sauver un des écosystèmes les plus riches de la planète, mais aussi un des plus menacés, chacun peut agir à son échelle.

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