Diane est lobbyiste chez Surfrider Foundation Europe. Une facette peu connue de Surfrider mais qui a toute son importance. A la différence d’un lobbyiste privé qui défendra les intérêts de ses clients auprès des législateurs, les lobbyistes de Surfrider défendent une cause : la protection de l’océan. Découvrez ce métier passionnant et essentiel sur l’échiquier politique à travers l’interview de Diane Beaumenay-Joannet.

Peux-tu nous en dire plus sur toi ?

Je m’appelle Diane je travaille chez Surfrider Foundation Europe depuis plus de 3 ans, je suis chargée de mission lobbying sur les thématiques déchets aquatiques et changement climatique. Je suis juriste en droit de l’environnement de formation. Aujourd’hui je travaille à Paris mais j’ai grandi entre la Méditerranée et l’océan Pacifique, ce qui m’a permis de nouer un lien particulier avec la mer et l’océan.

Comment as-tu commencé avec Surfrider ?

J’ai d’abord connu Surfrider Europe au cours de mon master dans le cadre d’une consultation juridique sur la thématique des conteneurs perdus en mer. Cela m’a permis de vraiment découvrir l’association, les différentes thématiques de travail, mais surtout sa diversité d’actions. Un des leviers connus de Surfrider est l’éducation et la sensibilisation mais il y a également toute la partie expertise scientifique, mais aussi juridique et d’influence politique qui consiste à porter des plaidoyers et faire passer des amendements en faveur de l’océan, que ce soit sur les déchets, le transport maritime ou encore la qualité de l’eau par exemple.

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Diane et Karmenu Vella (Commissaire européen à l’environnement, aux affaires maritimes et à la pêche)

Un projet, une victoire à mettre en avant ?

La COP 21. Le but était de mettre l’océan au cœur des négociations internationales sur le changement climatique, notamment grâce à la Plateforme océan & climat, une alliance d’organisations non gouvernementale et d’instituts de recherche scientifiques soutenu par la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO. Nous avons contribué à faire intégrer l’Océan dans le préambule de l’Accord de Paris. Le poids juridique n’est pas forcément très représentatif mais politiquement c’est un signal très fort ! Pour la première fois le lien entre l’océan et le changement climatique était officialisé au niveau du droit international. Avant l’Accord de Paris, on ne voyait le changement climatique et les émissions de gaz à effet de serre seulement d’un point de vu terrestre, l’océan était laissé de côté alors qu’il subit aussi les conséquences des activités humaines et du changement climatique, et il fait évidemment partie de la solution.

Une autre victoire importante serait les amendements adoptés pour l’interdiction d’objets plastiques à usage unique qui constituent la majorité des déchets que l’on retrouve sur les plages et dans l’océan. D’abord en 2015 avec l’interdiction des sacs plastiques à usage unique et de la vaisselle en plastique jetable dans la loi pour la transition énergétique et la croissance verte. Puis en 2016 avec la loi pour la biodiversité où l’on retrouve l’interdiction des microbilles de plastiques dans les produits cosmétiques rincés (depuis le 1er janvier 2018) et l’interdiction des coton-tiges en plastique (à partir du 1er janvier 2020).
Il s’agit parfois d’un seul amendement parmi des centaines, dans un projet de loi parmi des centaines de projets de loi, mais dont les conséquences peuvent être considérables. Ce sont des années de travail de fond, de batailles avec les lobbys du plastique, et de négociation pour réduire à la source cette pollution. Ce sont de très belles victoires pour l’océan. Aujourd’hui, sous l’impulsion des associations et ONG, la Commission européenne a proposé une directive pour réduire les déchets marins et notamment les plastiques à usage unique, témoignant d’une prise de conscience générale sur l’urgence d’agir en ce sens.

Un mot pour la fin ?

Chaque geste compte. On est tous responsables de la pollution, le propre de l’Homme c’est de créer des déchets. Aujourd’hui nous sommes conscients de notre impact, mais nous devons prendre acte que nous faisons partie de la solution. Nous devons changer nos modes de consommation, en devenant des « consom’acteur » réduisant nos déchets, notre consommation d’énergie et nos émissions de gaz à effet de serre. Nous devons également changer nos modes de productions et notre modèle économique pour aller vers une économie circulaire, et pour cela il nous mettre en place politiquement et juridiquement le cadre de la transition écologique.
Ce sont l’ensemble des petits gestes, de « ces petits pas » qui, cumulés, ont un véritable impact sur notre environnement.

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