Malgré les efforts et les politiques menées, la pollution reste importante dans les grandes villes. Outre la pollution générée par les transports et l’industrie, notre consommation quotidienne représente une part importante de la production de dioxyde de carbone des villes. C’est ce que révèle un rapport du C40 Cities, un réseau de mégapoles mondiales engagées dans la lutte contre le changement climatique.

C40 Cities a publié un rapport pointant du doigt la pollution urbaine, ou la pollution liée à notre consommation. Phénomène méconnu que nous côtoyons pourtant tous les jours, cette pollution est responsable d’émission de gaz à effet de serre.

Une pollution sous estimée

Aujourd’hui, de nombreuses villes évaluent leur pollution via les émissions dues à la combustion directe, à la consommation d’électricité ou au traitement des déchets, facile à identifier et à quantifier, pour évaluer leur pollution.
Mais qu’en est-il de la pollution quotidienne ?

Une nouvelle étude de C40 Cities, intitulée Émissions de GES liées à la consommation des villes du C40, a examiné les émissions de gaz à effet de serre associées aux biens et services consommés par les habitants des villes: nourriture, vêtements, équipements électroniques, voyages en avion, livraisons en camion et les industries de la construction. Elle révèle que 70 % du dioxyde de carbone mondial est émis par les villes, sans prendre en compte un détail important : les émissions de consommation. Un détail qui change la donne et qui fait grimper le taux d’émission de CO2 des grandes villes.

Aujourd’hui, 80 % des villes (63 sur 79 du C40) ont des émissions de GES basées sur la consommation plus importantes que celles basées sur les secteurs industriels prédéfinis. Le rapport note aussi une variation importante de la consommation individuelle par ville. Par exemple, les villes d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Océanie affichent un taux de dioxyde de carbone par habitant entre 10 et 25 tonnes contre 5 tonnes pour les villes d’Asie du Sud et de l’Ouest, d’Afrique et d’Asie du Sud-Est. En 20 ans (ou depuis la signature de l’accord international de Kyoto destiné à réduire la pollution mondiale), les émissions carbone ont augmenté de 60 %.

D’après le directeur général de C40 Cities, Mark Watt, « nous continuons d’aller dans la mauvaise direction en ce qui concerne le changement climatique. Il ne suffira pas d’utiliser davantage d’énergies renouvelables et de transports en commun pour inverser la tendance. Nous devons réduire notre consommation. »

pollution ville

Comment agir ?

Pour réduire notre impact environnemental quotidien, plusieurs démarches sont faciles à mettre en œuvre et à adopter. Privilégier les achats locaux, réduire notre consommation de plastique à usage unique et généralement réduire nos déchets, favoriser les transports en commun etc. Autant de gestes de plus en plus mis en avant et qui pourraient contribuer, si les grandes villes les incitent, à réduire l’impact environnemental quotidien.

C40 Cities encourage à créer des inventaires de gaz à effet de serre basés sur la consommation parallèlement à ceux déjà définis (consommation d’électricité, traitement des déchets …) pour obtenir une vision globale de ces émissions et envisager un panel de possibilités plus large et adapté pour mesurer la pollution.

La ville de Paris par exemple, à travers son Plan Climat, veut conduire les Parisiens vers un régime bas carbone respectueux de l’environnement, notamment en réduisant la consommation de viande, industrie trop riche en émission. De plus, la ville met en avant les promotions touristiques des pays accessibles en train afin de limiter l’avion, gros producteur d’émissions de CO2.

Une autre capitale européenne, Stockholm, réclame que ses promoteurs indiquent sur les chantiers les émissions liées aux matériaux de construction sur les chantiers pour favoriser les plus « verts ».

Alors que les villes ne peuvent pas agir directement sur l’intensité d’énergie utilisée dans le processus de fabrication d’un produit importé, en tant qu’usagers et centres d’innovation et de changement, les habitants ont l’opportunité de transformer les modes de vie urbains en des modes de vie plus durables.

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