Les medias filtrants

Ces "dépolluants" plastique qui envahissent nos littoraux

Pourquoi Surfrider s’intéresse à ce procédé ?

Depuis plusieurs années, ces rondelles de plastique s’échouent sur les plages du littoral Atlantique.

En décembre 2009, les quantités observées sur nos plages prennent des proportions inquiétantes. Surfrider décide de s’intéresser au sujet pour comprendre de quoi il s’agit et trouver leur origine. En effet, alors que la pollution de nos mers et océans par les déchets aquatiques devient de plus en plus préoccupante, ce nouveau type de déchet ne fait qu’accentuer la problématique. Ces plastiques, , non biodégradables, peuvent être ingérés par des animaux marins provoquant blessures et occlusions, ils fixent certains polluants chimiques et en se dégradant intègrent définitivement le milieu naturel.

En janvier 2010, l’antenne locale Côte Basque de Surfrider Foundation Europe dépose un dossier Gardiens de la côte au siège européen de l’ONG et lance des investigations pour identifier les sources de cette pollution.

Les médias filtrants : définition

Ces roulettes de plastique ont été longtemps une énigme, jusqu’au jour où l’antenne Corse de Surfrider reconnait ces rondelles de plastique sur la couverture d’une plaquette publicitaire d’une grande entreprise du secteur de l’assainissement. Nous savons maintenant qu’il s’agit de «médias filtrants» (ou biomédias) utilisés pour le traitement biologique des eaux usées dans les stations d’épuration urbaines ou industrielles ( papeterie, agro-alimentaire, piscicultures, paquebots de croisière…).

Comment ça marche ?

Le traitement des eaux usées nécessite plusieurs phases parmi lesquelles un traitement biologique qui consiste à introduire des bactéries qui vont « digérer » la matière organique.

Or des chercheurs se sont aperçus que le traitement est plus efficace si ce type de support est introduit dans les bassins de traitement biologique. En effet, avec leurs alvéoles et crénelures ils offrent une grande surface de colonisation permettant un important développement bactérien. C’est pour cela qu’ils sont de plus en plus utilisés dans les usines de traitement d’eaux usées. Généralement, les médias filtrants sont introduits en très grande quantité ( 40 à 60% du volume du bassin, soit plusieurs centaines de milliers voire dans certains cas, des millions de pièces).

Etat des lieux

Les médias filtrants, repérés dès 2007, ont véritablement souillé les côtes françaises, espagnoles et portugaises à partir de 2009.

Mi-février 2010, des témoignages font état d’une importante pollution sur les berges de la Seine en France : la station d’épuration de Corbeil Essonne reconnait avoir laissé s’échapper environ 15 millions de médias filtrants.

Au même moment, en Galice, d’importantes quantités de médias filtrants sont retrouvées aux abords du Fleuve Miño. L’auteur de cette pollution ne sera pas identifié.

Parallèlement à ces incidents, suite aux nombreux témoignages de présence de médias filtrants du Pays-basque espagnol aux Côtes Vendéennes, nos investigations confirmeront deux incidents dans la région du Guipúzcoa, fin 2009. Deux grosses industries papetières utilisant les médias filtrants sont localisées sur les berges du fleuve Oria qui se déversent directement dans l’Océan Atlantique. 

Les accidents connus à ce jour semblent bien souvent dus à une mauvaise utilisation du procédé.

Plusieurs hypothèses ont été identifiées :

  • Accidents ponctuels : soit débordement en cas de fortes pluies (Corbeil Essonne) soit perte lors de la mise en eau ou travaux sur l’unité de traitement.
  • Installation mal adaptée au procédé

Que fait Surfrider ?

Surfrider souhaite faire cesser tout rejet de ces supports plastique dans le milieu naturel.

L’association a mis en place une campagne de lobbying :

  • à destination des industriels (constructeurs et utilisateurs), afin de pointer du doigt les risques de perte engendrés par l’utilisation du procédé.
  • à destination des institutionnels : informer et s’assurer que les élus locaux lors de la construction d’une nouvelle station d’épuration équipée du procédé, prennent les précautions nécessaires pour qu’il n’y ait aucun rejet.

Que pouvez-vous faire ?

Témoigner et participer à l’enquête. Rien de plus simple, si vous observez des médias filtrants, envoyez un email à l’antenne Côte Basque de Surfrider en précisant la date, le lieu et la quantité. N’hésitez-pas à joindre une photo pour identifier le type de biomédias retrouvé.

Vous pouvez également témoigner directement sur le site des Gardiens de la Côte.