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Surfrider Coastal Defenders, tous acteurs de la protection des océans et des littoraux

Depuis près de 30 ans, Surfrider Foundation Europe agit partout en Europe pour la protection des océans et du littoral. Anciennement nommé Gardiens de la Côte, le programme phare d’accompagnement des citoyens contre les projets d’aménagement néfastes fait peau neuve et devient Surfrider Coastal Defenders. Un nouveau nom et un nouveau site internet, mais une volonté et une détermination inchangée dans la lutte pour la protection de l’océan et des littoraux.

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Surfrider Coastal Defenders

Nos côtes subissent en permanence de très fortes pressions liées aux activités humaines. Le déversement de déchets dans l’océan, la pollution chimique et bactériologique de l’eau mais aussi la création d’aménagements urbains et maritimes inappropriés sont des actions aux conséquences désastreuses pour l’environnement, perpétrées par l’homme depuis bien trop longtemps.

L’objectif de Surfrider Coastal Defenders est de rassembler une communauté de citoyens, d’experts environnementaux, d’experts juridiques, de bénévoles pour favoriser le partage de connaissances, le partage d’expériences de chacun. L’objectif étant de développer une communauté capable de défendre au mieux et au plus près sur le terrain les intérêts de l’océan et du littoral contre tout projet qui pourrait potentiellement leur nuire.

Les actions soutenues par Surfrider

Les campagnes Surfrider Coastal Defenders sont variées et internationales. Surfrider possède 3 domaines d’intervention avec une expertise acquise depuis bientôt 30 ans, à savoir les déchets aquatiques, la qualité de l’eau, l’aménagement du littoral et le changement climatique.

Actuellement 13 actions sont en cours à travers l’Europe. Sur chaque action, un bénévole ou un citoyen porte le projet localement car celui-ci possède une connaissance globale et complète des problématiques et des enjeux liés à l’action, tout en bénéficiant du support de Surfrider et du réseau Coastal Defenders. Depuis le lancement du programme, ce sont près de 70 actions qui ont été remportées grâce au travail et à la motivation des citoyens, des bénévoles et des experts du réseau Surfrider Coastal Defenders.

Surfrider est une organisation qui a été créé sur le terrain et c’est aujourd’hui ce qui fait la force de son réseau composé de ses bénévoles et de ses Coastal Defenders dans 9 pays européens.

Rejoindre le réseau Surfrider Coastal Defenders

En tant qu’amoureux de l’océan et des littoraux, en tant qu’amateur des sports nautiques, en tant que citoyen, il est de notre devoir de tout faire pour protéger ces espaces naturels pour que l’on puisse continuer d’en jouir aujourd’hui, mais également pour que les générations futures puissent continuer d’en profiter et de les apprécier.

Rejoindre la communauté Surfrider, c’est avant tout rejoindre un groupe de passionnés partageant des valeurs communes, désireux de protéger son environnement. Vous souhaitez dénoncer une pollution, un projet d’aménagement sur un littoral ou partager vos connaissances et expériences en la matière.

Nous rejoindre

En savoir plus sur les campagnes en cours

Décision possible d’une zone d’émissions contrôlées en Méditerranée au cap 2022

Ce 18 janvier dernier, lors d’une rencontre officielle entre les différents acteurs du transport maritime en mer Méditerranée, le gouvernement français a réaffirmé sa volonté de créer une zone d’émissions contrôlées (ECA) d’ici 2022. Cela fait suite à la publication d’un rapport sanitaire détaillé réalisé par un consortium- public-privé, qui donne raison à ce projet au vu des bénéfices qu’il engagerait.
Tanker en mer Méditerranée

Donner l’exemple en allant plus loin

Ce projet mené par le gouvernant français a pour but ultime d’assainir le bassin méditerranéen en limitant les émissions de particules polluantes provenant notamment de l’activité maritime. En effet, le trafic se densifiant, la réglementation de nouvelles techniques de propulsions propres devient primordiale. L’exemple du bassin marseillais est sans appel, le transport maritime y est responsable de 20% des émissions d’oxydes d’azote, 70% des émissions d’oxydes de soufre, et 2% des émissions primaires de particules fines.

En février 2016, les pays méditerranéens avaient déjà adopté une stratégie régionale de prévention et de lutte contre la pollution marine provenant des navires.

En 2020, une nouvelle réglementation internationale entrera en vigueur. Elle devra largement réduire la pollution en Méditerranée : le taux maximal autorisé de soufre dans le carburant passera de 3,5% à 0,5%. Profiter de ces nouvelles normes, c’est ce que le gouvernement français souhaite faire en formulant une proposition commune avec ses voisins méditerranéen auprès de l’OMI (Organisation Maritime Internationale). La création d’une ECA en Méditerranée, à l’instar des zones protégées déjà existantes dans les Mers du Nord et Baltique, viendrait approfondir davantage l’engagement de la France et des pays concernés dans cette lutte en abaissant les normes au plus bas, jusqu’à 0,1% pour le souffre.

Les armateurs face à leurs responsabilités

Les associations environnementales (France nature environnement, Cap au Nord…) étaient présentes à cette réunion afin de mettre les compagnies maritimes face à leurs responsabilités, appelant à des initiatives locales et évoquant notamment le système des scrubbers (installé par certains armateurs sur leurs navires pour nettoyer les fumées nocives et passer sous le fameux seuil des 0,5 % de soufre), dont les eaux usagées et polluantes sont parfois rejetées en mer au lieu d’être vidangées à quai.

En face, représentés par Jean-Marc Roué représentant des compagnies maritimes et Jean-François Suhas, président du club de la croisière Marseille Provence, les armateurs ont bien évoqué leur intention de coopérer et de soutenir aussi bien qu’ils le pourront ce projet. Bien qu’ils est exprimé une réticence au vu des échéances et des coûts qu’occasionneraient de telles normes,

« Nous, armateurs, ne demandons pas de reculer sur ces normes, mais il faut être conscient que ça prend du temps, que ça va avoir un coût. Et ce coût, les citoyens du monde le supporteront aussi », a expliqué Jean-Marc Roué.

Les prochaines étapes

La France va durant cette année 2019 tenter de se rapprocher de plusieurs pays européens qui souhaiteraient se joindre à l’initiative et soutenir le dossier. C’est ensuite le conseil de l’Union européenne, responsable de la compétence « qualité de l’air » qui donnera son accord pour qu’un dossier soit déposé auprès de l’OMI d’ici mars 2020. L’objectif étant une entrée en vigueur de la zone ECA en Méditerranée en 2022.

Surfrider reste mobilisé contre le projet de port à Bretignolles-sur-Mer

La communauté de communes du Pays de St-Gilles-Croix-de-Vie a repris le projet de port de plaisance de Bretignolles-sur-Mer et l’a de nouveau soumis à une concertation préalable du public. Pour les associations environnementales actives sur ce dossier, la réponse est toujours NON.

plage de la Normandelière, Pays St-Gilles-Croix-de-Vie

plage de la Normandelière, Pays St-Gilles-Croix-de-Vie

Retour sur l’historique du dossier

Depuis 2003 la municipalité de Brétignolles-Sur-Mer projette la création d’un port de plaisance de 500 anneaux sur le lit du ruisseau de la Normandelière. A l’époque, la municipalité avait lancé une consultation informelle, en évitant évidemment de mettre les problématiques environnementales en avant. Après 3 projets rejetés par la préfecture en demande d’Enquête Publique, une 4e version de port mais cette fois-ci de 900 anneaux, finit par être soumise en 2011, avec pour bilan un avis défavorable sur les 7 enquêtes. La raison l’avait emporté sur la démesure d’un dossier cumulant dangers et forts impacts sur l’environnement. Pourtant, en 2017, la communauté de communes de Saint-Gilles-Croix-de-Vie (dont le Président n’est autre que le porteur de projet, Christophe Chabot, Maire de Brétignolles-sur-Mer), relance le débat avec une seconde Enquête Publique sur un projet similaire. Depuis le début de ce projet des associations telles que la Vigie, le CPNS, la Ligue Nationale pour la Protection des Oiseaux, France Nature Environnement et Surfrider Foundation Europe se mobilisent pour alerter la population et les impacts d’un tel projet.

Des constats malheureusement similaires à l’ancien projet

L’impact d’un tel projet sur le littoral à court, moyen et long terme, ainsi que sur l’avenir des espaces agricoles et naturels, est tout aussi mauvais que dans la version de 2011. « Nos associations ont analysé le dossier soumis à la concertation et nos points de divergence exprimés en 2011 sont pour l’essentiel toujours d’actualité », déclare Yves Le Quellec, président de Vendée Nature Environnement ; « un tel parti d’aménagement serait la cause de dommages de grande ampleur à l’environnement, et ce littoral caractérisé par une dynamique érosive significative doit être préservé de tout projet de ce type. »

Le rapport de la commission d’enquête favorable à la construction du port

En novembre 2018, la commission d’enquête a délibérément ignoré les nombreux arguments des associations locales et environnementales, préférant insister sur les arguments du maître d’ouvrage. Il semblerait donc que les intérêts économiques prévalent sur les intérêts environnementaux. Le positionnement de ce rapport et ses conclusions apparaissent de nature politique, en totale contradiction avec les règlements sur l’environnement.

Il faut savoir également que la commission d’enquête n’ayant pas de pouvoir de décision en tant que tel, seul le préfet de Vendée aura la main mise sur ce dossier houleux. Les opposants à ce projet espèrent que l’État saura prendre la décision correspondant à ses missions, protéger le patrimoine naturel pour le bien de tous.

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Le projet prévoit un port de plaisance de 915 anneaux sur 2 km², Pays Saint-Gilles-Croix-de-Vie

Un bras de fer interminable

Voilà maintenant 10 ans que Surfrider Europe suit ce projet de construction avec son antenne Indre-et-Loire. Le chantier du port est prévu en partie sur une zone humide (zone Grand Marais), et elle perturberait non seulement les écosystèmes présents dans cet espace naturel, mais nuirait également aux nappes phréatiques souterraines. Les digues quant à elles, détruiraient les spots de surf au sud de la ville. C’est donc naturellement que Surfrider Europe ainsi que d’autres associations locales et de protection de l’environnement se sont positionnés contre ce projet néfaste pour le littoral.

Le combat continue…

Une journée historique dans la lutte contre la pollution plastique

Aux premières heures, mercredi 19 décembre, l’Union européenne a conclu un accord historique visant à lutter contre la pollution plastique de nos rivières, nos plages et nos océans. Les amendements convenus ciblent les principaux objets retrouvés sur les plages européennes et font de l’UE la première région à adopter un ensemble ambitieux de mesures, y compris des interdictions, visant à réduire les plastiques à usage unique.

Une grande victoire pour Surfrider après plus de 10 ans de campagne

utilisés que sur une très courte période, quelques minutes à peine, mais peuvent persister et nuire à notre environnement pendant des siècles. On estime qu’ils représentent 80% de la pollution marine !

© @beccalovesart ⁣

© @beccalovesart ⁣

À travers le programme Initiatives Océanes et ses campagnes contre les plastiques à usage unique telles que « Ban the Bag » ou « Reset Your Habits« , Surfrider Europe sensibilise chaque année des milliers de personnes à la pollution plastique, et plus particulièrement aux plastiques à usage unique en proposant des solutions alternatives afin de les éliminer de notre quotidien.

Surfrider Foundation Europe mesure et contrôle également la quantité de plastique à usage unique retrouvé sur les plages et dans l’océan depuis des décennies et a grandement contribué à sensibiliser les citoyens et les décideurs sur la question, créant ainsi les bases pour l’adoption de ces nouvelles mesures ambitieuses.

Aujourd’hui, nous sommes très fiers de constater que le travail de nos équipes et de nos bénévoles, du terrain jusqu’aux plus hautes institutions européennes au fil des années a grandement porté ses fruits.

Un accord historique sur des points cruciaux

L’accord conclu entre le Parlement européen, le Conseil européen et la Commission européenne, comprend l’interdiction des couverts et assiettes en plastique à usage unique, des pailles, des agitateurs, des coton-tige et tiges à ballon. Elle interdit également les récipients pour aliments et les gobelets en polystyrène expansé, et les plastiques oxodégradables, particulièrement nocifs pour l’environnement. Ces interdictions s’appliqueront à travers l’UE à partir de 2021.

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Pour les bouteilles en plastique, « pollueur en série » de nos plages et de l’océan, plusieurs nouvelles règles ont été adoptées : le bouchon des bouteilles devra être attaché et celles-ci devront contenir au moins 30% de matériau recyclé. Egalement, 90% des bouteilles devront être collectées séparément d’ici 2029, par exemple par la mise en place de consignes demandées par Surfrider Europe.

Également, les nouvelles lois visent à tenir les producteurs de plastiques à usage unique, de cigarettes et d’équipement de pêche, responsables des impacts environnementaux de leurs produits en les obligeant à couvrir les coûts de gestion des déchets, de nettoyage et sensibilisation. Cette mesure devrait inciter les producteurs à modifier la conception de leurs produits pour les rendre plus durables.

SFE salue les règles européennes adoptées aujourd’hui, qui constituent un grand pas en avant dans la lutte contre la pollution plastique, mais avertit qu’elles n’auront un impact important que si elles sont pleinement appliquées par les gouvernements de l’UE et vont de pair avec le développement des alternatives réutilisables et des modifications des modes de production et de consommation.

Surfrider lance son appli Ocean’s Zero ! Pour une vie zéro déchet !

Réduire la pollution des océans passe aussi par une réduction des déchets dans son quotidien. Dans un monde où les produits sont sur-emballés, où le jetable fait partie de la norme et où le consommer plus règne en maître, il n’est pas forcément évident de limiter sa production de déchets. C’est la raison pour laquelle Surfrider sort son application Ocean’s Zero.

Pourquoi une application ?

Surfrider sensibilise depuis presque 30 ans les citoyens aux problématiques environnementales liées à l’océan, et notamment aux déchets aquatiques. Chacun peut agir à son niveau et s’engager dans une démarche positive afin de limiter sa production de déchets. Véritable compagnon de notre quotidien, nos téléphones peuvent aussi nous permettre d’adopter des comportements plus respectueux pour l’environnement.

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Le projet Ocean’s Zero : 25 défis à relever

Do it yourself, gestes simples à adopter et bons réflexes, Ocean’s Zero t’accompagne vers un mode de vie zéro déchet avec 25 défis à réaliser pour réduire ton impact sur l’environnement et les océans. A ton rythme, tu pourras suivre ta progression et mesurer l’effet positif de chacune de tes actions. Que tu sois novice ou déjà avancé dans la démarche zéro déchet, tu trouveras toutes les informations informations utiles pour réduire considérablement ta production de déchets.

En plus d’en apprendre davantage sur le zéro déchet, Ocean’s Zero te permet de mesurer collectivement les effets positifs de chaque défi proposé.

 

Télécharge l’appli dès à présent !

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Marée noire en Méditerranée : les parcs nationaux en alerte, Surfrider prêt à aller en justice

Le 7 octobre dernier, le navire tunisien « Ulysse » est entré en collision avec un porte-conteneurs chypriote au large du nord de l’île de beauté. Suite à cette collision, une nappe de 600 tonnes de fioul de propulsion s’est échappée et des travaux de dépollution ont rapidement était mis en place en mer. Malgré ces dispositifs, plusieurs plages du Var, notamment celles du Parc National de Port Cros ont été touchées par cette pollution aux hydrocarbures entrainant le déclenchement du plan Polmar. Plus récemment c’était au tour du Parc National des Calanques de demander le déclenchement du plan Polmar face au risque élevé de pollution et de se tenir prêt à intervenir.

Une enquête toujours en cours, un désastre écologique annoncé

Trois semaines après la collision entre les deux navires au large du Cap Corse, les conclusions de l’enquête ne sont pas encore connues mais les dégâts environnementaux sont déjà bien visibles, même s’ils restent difficiles à mesurer. Les conditions météorologiques risquent d’accentuer l’arrivée des hydrocarbures sur les plages méditerranéennes dans les prochains jours. Ces hydrocarbures de propulsion qui servent de carburant aux navires sont, certes moins dévastateur que le fioul lourd transporté par les pétroliers (comme lors du naufrage de l’Erika par exemple), mais représentent une sérieuse menace pour les écosystèmes touchés et le nettoyage des côtes prendra des semaines voire des mois.

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La sécurité et les risques du transport maritime en Méditerranée sont à nouveau questionnés, mais également la participation de ce secteur d’activité à la transition énergétique. Aujourd’hui des solutions alternatives aux moteurs diesel existent, notamment la propulsion électrique en complément, l’utilisation de GNL (Gaz Naturel Liquéfié) ou encore l’utilisation du vent pour limiter la consommation de carburant. Ces solutions permettent non seulement de réduire la pollution des navires lors de leur navigation en limitant leurs émissions, mais également de diminuer les impacts environnementaux en cas d’accident en limitant la quantité d’hydrocarbures présent dans les réservoirs des navires. Si un fioul de meilleure qualité avait également été choisi par l’armateur, les conséquences écologiques seraient moins dévastatrices, et les émissions de gaz à effet de serre seraient grandement réduites. Surfrider travaille notamment avec de la Méridionale et Corsica Linea dans l’amélioration de leur performance énergétique ainsi qu’à la sensibilisation du public.

Surfrider a décidé de porter plainte suite à cette pollution

SDS Rain, Carthage, Trefin Adam, Eurika, autant d’affaires dans lesquelles Surfrider s’est constitué partie civile face à des pollutions par les transports maritimes en Méditerranée et des capitaines et armateurs peu respectueux de l’environnement. Pour la première fois de son histoire, Surfrider compte faire valoir le préjudice écologique engendré par cette pollution aux hydrocarbures devant les tribunaux. La piste de l’erreur humaine est privilégiée mais il faut encore attendre la publication des résultats de l’enquête avant de pouvoir entamer une action en justice. D’après les experts, le navire tunisien était proche de sa vitesse de se croisière lorsque la collision s’est produite, en pleine journée, avec une mer calme. Il semble donc qu’un manque de vigilance de la part de l’équipage soit en cause dans cette collision.

En 2015, la France présentait une étude à l’OMI (Organisation Maritime International) sur les conditions de travail des équipages et plus particulièrement des officiers de quart, qui ne sont que deux sur ce type de navires. Les conclusions de cette étude montrent que ces officiers travaillent en permanence et de façon intensive sur les plans de navigations, et dérogent bien souvent à la limitation de leur temps de travail et donc de leur temps de repos. La sécurité du transport maritime, notamment en Méditerranée (mer semi-fermée et première zone de circulation par voie maritime) est un enjeu crucial pour Surfrider.

Depuis plus de 10 ans Surfrider mène des actions systématiques contre ces pollueurs des mers peu scrupuleux. L’association œuvre pour l’application du principe pollueur-payeur aux acteurs du transport maritime et pour la consolidation des jurisprudences concernant le préjudice écologique. 

Les questions concernant le transport maritime vous importent ? Dites-le en répondant à la consultation européenne “Voice For The Ocean” afin que l’océan fasse partie des politiques européennes dans les années à venir.

Les bonnes pratiques contre les bouteilles plastique, le guide Surfrider

Les villes, les agglomérations, les métropoles et les capitales ont un rôle important à jouer dans la réduction de la pollution plastique et notamment celle des bouteilles plastique, qui rappelons-le, font partie des déchets les plus retrouvés sur nos plages. Cet objet plastique à usage unique que l’on voit sur un trottoir, dans un caniveau, sur le bord d’une route, finit bien souvent dans l’océan.

Surfrider a identifié 5 axes majeurs de progrès sur lesquelles chaque ville devrait travailler pour réduire cette pollution. Nous les avons réunis dans un guide à destination des élus des collectivités territoriales mais également pour les citoyens afin de faire avancer les réformes sur cette problématique grandissante.

1. Réduire les bouteilles à la source

Le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas. En incitant les citoyens à se tourner vers des solutions alternatives aux bouteilles plastique, les villes jouent un rôle essentiel dans la réduction des déchets plastique.
Les villes peuvent décider de légiférer pour une limitation ou une interdiction des bouteilles plastique au sein de leurs institutions ou encore lors des événements.

Concord (USA)
Depuis 2013, la ville de Concord a totalement interdit la vente de bouteille d’eau plate de moins de 1L et la vente de bouteilles plastique lors des événements sportifs.

2. Promouvoir des solutions alternatives

En développant l’accès à l’eau potable, notamment avec des fontaines, les villes incitent les citoyens à utiliser des gourdes réutilisables. Avantage à la fois écologique et économique l’eau en bouteilles étant entre 100 et 300 fois plus chère que l’eau du robinet.

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Londres (UK)
Porté par des ONG et des associations, le campagne Refill London (re-remplir Londres) a pour objectif de faciliter l’accès à l’eau potable à travers la création d’un réseau de fontaines, mais également en incitant les commerçants et entreprises à devenir des points d’accès d’eau gratuits.

3. Améliorer le design et promouvoir l’écoconception

Il faut repenser le cycle de vie des produits, prévoir la fin de vie d’un produit avant sa conception. L’écoconception entre dans une logique d’économie circulaire en intégrant dès le départ l’idée de réemploi, réutilisation ou de recyclage.

Costa Rica
Le Costa Rica a décidé d’investir dans la recherche et le développement afin d’améliorer l’écoconception des plastiques à usage unique en commençant par les bouteilles plastiques.

4. Améliorer la fin de vie

La réduction des bouteilles plastique dans l’environnement implique une optimisation de la collecte des déchets. Ainsi les autorités publiques doivent mettre en place des infrastructures et des systèmes de collecte et de tri efficaces et innovants. De plus en plus de villes et de pays se tournent vers un système de consigne.

Estonie
Depuis 2005, l’Estonie a mis en place un système de consignes payantes (0,10€) notamment sur les bouteilles en plastique. Il est l’un des plus efficaces en Europe avec un taux de recyclage des bouteilles plastique à 90%.

5. Informer et sensibiliser les citoyens

Il est nécessaire de passer d’une société de consommation de masse à une société écoresponsable. Les villes sont des interlocuteurs privilégiés avec les citoyens, elles ont donc un rôle important à jouer dans la sensibilisation et l’éducation des citoyens sur les bouteilles plastique.

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Les moyens à disposition des villes
Des campagnes de sensibilisation et de communication : affichages, communication digitale, évènements dédiés
La mise à disposition d’une information claire et facilement accessible par le consommateur : étiquetage des produits, sites d’information

Pour en savoir plus sur les bonnes pratiques à suivre, retrouvez notre guide à destination des villes et des citoyens. Nous, citoyens, devons continuer à nous mobiliser pour que des changements soient opérés à tous les niveaux.   

Ostreopsis Ovata : une microalgue sous haute surveillance en Méditerranée

Ces dernières années, un phénomène d’apparition et de prolifération d’une algue appelée Ostreopsis ovata est apparu en Méditerranée. Cette microalgue peut être toxique et avoir des effets néfastes tant sur l’environnement que sur la santé humaine. Dans la volonté de suivre l’évolution de la présence de cette algue et de sensibiliser la population, Surfrider Foundation Europe se mobilise en Méditerranée afin de mettre en place des mesures préventives et informatives.

Qui est-elle ? 

 Présente habituellement dans les eaux chaudes tropicales, Ostreopsis ovata est une algue microscopique unicellulaire, invisible à l’œil nu. Elle apparait dans le milieu côtier, peu profond et peu agité. Même si les conditions de son apparition en mer Méditerranée restent incertaines, le réchauffement des eaux et le transport maritime en sont probablement à l’origine.

Ostreopsis ovata se fixe le long du littoral, au fond des eaux, sur les rochers ou sur d’autres algues. Parfois, les cellules peuvent se détacher du support de l’algue, suite à une agitation de l’eau ou des piétinements par exemple, et se retrouver libérées dans la colonne d’eau (espace entre la surface et le fond composé de différentes strates et couches thermiques).  Elles peuvent aussi se trouver dans les embruns et être poussées vers le littoral avec le vent. Lorsque certaines conditions sont réunies, l’algue se multiplie massivement pour former des amas marrons et gluants, appelés « efflorescence » ou « bloom ».  

Quels impacts sur l’environnement et la santé 

Ostreopsis ovata produit une toxine, la palytoxine, qui, lorsque la microalgue gagne la surface, se diffuse dans l’air et peut  occasionner des désagréments : rhume, toux, fièvre, troubles respiratoires, qui diminuent habituellement dans les 24 à 48 heures sans complications. Néanmoins, ces symptômes peuvent s’intensifier et restent à surveiller.

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Même sans contact direct avec l’eau, les symptômes peuvent apparaître, causés par l’inhalation des gouttelettes transportées par le vent par exemple.  Outre le danger pour la santé humaine, cette microalgue nuit aussi aux écosystèmes marins. Lors de son apparition dans le milieu, l’Ostreopsis ovata cause la mortalité d’organismes benthiques (fixés ou rasants le sol) par asphyxie du milieu et la mortalité d’organismes filtreurs par ingestion des toxines. De plus, l’accumulation de cette microalgue perturbe fortement la chaîne alimentaire.  

Que fait Surfrider Europe ? 

Depuis 2010, Surfrider a intégré l’étude d’Ostreopsis ovata au réseau de suivi de Qualité de l’eau et santé des usagers. Concrètement, des prélèvements réguliers sont effectués dans la colonne d’eau et sur les macro algues sur 8 sites en Méditerranée, pour appréhender l’impact sanitaire et environnemental et observer les conditions météorologiques. Surfrider a aussi pour objectif de participer à l’évolution des connaissances sur l’apparition de l’algue, réunir les acteurs et impulser la concertation.

En collaboration avec des acteurs de la recherche scientifique et des institutions pour des actions de sensibilisation auprès des pratiquants d’activités nautiques et du grand public, Surfrider a intégré ce nouveau paramètre biologique à son réseau de surveillance de la qualité de l’eau des zones d’activités nautiques.  

Avec ce suivi, Surfrider peut aussi prévenir et limiter les impacts socio-économiques dus à l’apparition de cette algue : activités le long du littoral affectées, fermeture de plages en période estivale, mauvaise réputation de stations balnéaires, etc. 

En 2018, Surfrider souhaite mettre l’accent sur l’information du public et la prévention des risques. A cet effet, Surfrider propose un cours en ligne sur sa plateforme éducative Ocean Campus et un livret explicatif illustré pour reconnaître cette algue microscopique et ses effets. 

Le livret Ostreopsis ovata

Affaire Alteo : vers la fin des dérogations et un renforcement des contrôles

Le 20 juillet dernier, le Tribunal administratif de Marseille a rendu son verdict concernant la dérogation aux normes pollution de l’usine Alteo et ses rejets toxiques en Méditerranée, plus connus sous le nom des « boues rouges ». Conclusion du verdict : dérogation réduite de deux ans, et obligation d’effectuer d’une étude sur les effets cumulés des rejets en mer contre Alteo. Une victoire notable après 10 ans de lutte pour l’équipe de Surfrider et son programme Gardiens De la Côte, contre le leader mondial de production d’alumines.  


Mise à jour au 25 janvier 2019 : suite à la décision du Tribunal administratif de Marseille, Alteo avait décidé de faire appel. Le juge administratif a décidé de rejeter la requête en appel d’Altéo. Il confirme ainsi le jugement en première instance ! 


Rappel des faits et de l’urgence environnementale  

Depuis plus de 50 ans de grandes quantités de déchets industriels sont déversées par l’usine Alteo dans une fosse sous-marine au large de Cassis. Les effluents liquides (anciennement boues rouges) sont acheminés sur 54,6 km par tuyau jusqu’à la mer puis rejetés à 7,7 km des côtes et déversés à 320 m de profondeur dans le canyon de Cassidaigne. Plus de 20 M de tonnes de boues rouges ont déjà été rejetées sur plus de 2 000 km2 de fonds marins, soit 1 095 tonnes par jour en moyenne depuis 1967.  

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©GARRO Thierry/PHOTOPQR/LA PROVENCE

En 1998, l’entreprise Alteo se voit octroyer par arrêté préfectoral, le droit de déroger aux seuils de pollution autorisés en Méditerranée, et ce jusqu’en 2015. Fin 2015, un nouvel arrêté prolonge cette dérogation jusqu’en 2021 pour encourager l’entreprise à « poursuivre ses efforts ». Surfrider Foundation Europe demande dès l’année 2016 l’annulation de ce nouvel arrêté autorisant un nouvelle fois l’usine Alteo à dépasser les seuils de rejets toxiques !  

 

Le positionnement de Surfrider et le verdict de l’affaire Alteo 

Dans le cas précis du dossier Alteo, Surfrider exige que les réglementations nationales et européennes soient respectées sans dérogation. « L’exploitant aurait dû réfléchir aux solutions de mise en conformité de ses installations. Ce n’est pas à la mer méditerranée et à ses usagers directs d’en payer aujourd’hui le prix. » explique encore Sarah Hatimi, Responsable du programme qualité de l’eau au bureau Surfrider Méditerranée.  

Surfrider avait demandé l’annulation complète de l’arrêté en date du 28 décembre 2015. Le tribunal administratif de Marseille n’est pas allé jusqu’à l’annulation mais a tout de même réduit de 2 ans la dérogation octroyée à Alteo, y mettant fin le 31 décembre 2019. « Un terme anticipé, réaliste et raisonnable  » se félicitent les experts de Surfrider Foundation Europe. 

Le Tribunal constate également l’absence d’analyse des effets cumulés des rejets en mer du projet et somme le Préfet et l’usine Alteo de compléter l’étude d’impact de ses effets ainsi que le stockage des boues rouges sur le site de Mange-Garri. Surfrider Europe restera présent et alerte sur le dossier en cours notamment jusqu’à l’application effective de la régulation des rejets autorisées prévue pour 2019. 

 

La décision du Tribunal administratif de Marseille de revenir sur l’arrêté de 2015 est d’abord une victoire pour la Méditerranée contre les industries polluantes. C’est une victoire des citoyens et des différentes associations qui se sont mobilisés pour dénoncer cette pollution ! Mais la lutte pour la préservation du milieu marin doit continuer sur le terrain comme en témoigne les campagnes en cours du programme Surfrider Coastal Defenders.