Article à la une

Surfrider Coastal Defenders, tous acteurs de la protection des océans et des littoraux

Depuis près de 30 ans, Surfrider Foundation Europe agit partout en Europe pour la protection des océans et du littoral. Anciennement nommé Gardiens de la Côte, le programme phare d’accompagnement des citoyens contre les projets d’aménagement néfastes fait peau neuve et devient Surfrider Coastal Defenders. Un nouveau nom et un nouveau site internet, mais une volonté et une détermination inchangée dans la lutte pour la protection de l’océan et des littoraux.

Wishes2019_banner_1920_1080

Surfrider Coastal Defenders

Nos côtes subissent en permanence de très fortes pressions liées aux activités humaines. Le déversement de déchets dans l’océan, la pollution chimique et bactériologique de l’eau mais aussi la création d’aménagements urbains et maritimes inappropriés sont des actions aux conséquences désastreuses pour l’environnement, perpétrées par l’homme depuis bien trop longtemps.

L’objectif de Surfrider Coastal Defenders est de rassembler une communauté de citoyens, d’experts environnementaux, d’experts juridiques, de bénévoles pour favoriser le partage de connaissances, le partage d’expériences de chacun. L’objectif étant de développer une communauté capable de défendre au mieux et au plus près sur le terrain les intérêts de l’océan et du littoral contre tout projet qui pourrait potentiellement leur nuire.

Les actions soutenues par Surfrider

Les campagnes Surfrider Coastal Defenders sont variées et internationales. Surfrider possède 3 domaines d’intervention avec une expertise acquise depuis bientôt 30 ans, à savoir les déchets aquatiques, la qualité de l’eau, l’aménagement du littoral et le changement climatique.

Actuellement 13 actions sont en cours à travers l’Europe. Sur chaque action, un bénévole ou un citoyen porte le projet localement car celui-ci possède une connaissance globale et complète des problématiques et des enjeux liés à l’action, tout en bénéficiant du support de Surfrider et du réseau Coastal Defenders. Depuis le lancement du programme, ce sont près de 70 actions qui ont été remportées grâce au travail et à la motivation des citoyens, des bénévoles et des experts du réseau Surfrider Coastal Defenders.

Surfrider est une organisation qui a été créé sur le terrain et c’est aujourd’hui ce qui fait la force de son réseau composé de ses bénévoles et de ses Coastal Defenders dans 9 pays européens.

Rejoindre le réseau Surfrider Coastal Defenders

En tant qu’amoureux de l’océan et des littoraux, en tant qu’amateur des sports nautiques, en tant que citoyen, il est de notre devoir de tout faire pour protéger ces espaces naturels pour que l’on puisse continuer d’en jouir aujourd’hui, mais également pour que les générations futures puissent continuer d’en profiter et de les apprécier.

Rejoindre la communauté Surfrider, c’est avant tout rejoindre un groupe de passionnés partageant des valeurs communes, désireux de protéger son environnement. Vous souhaitez dénoncer une pollution, un projet d’aménagement sur un littoral ou partager vos connaissances et expériences en la matière.

Nous rejoindre

En savoir plus sur les campagnes en cours

L’Union européenne s’engage contre les microplastiques

Depuis quelques années, on assiste à un véritable cri d’alerte lancé par la communauté scientifique sur la présence de microplastiques dans les cours d’eau, les océans et dans la plupart des espèces marines allant des plus petites comme le plancton jusqu’aux baleines. Les Nations Unies ont déclaré en 2017 que l’océan contenait entre 15 et 51 milliards de particules, 500 fois plus que le nombre d’étoiles dans la galaxie. Ils flottent aujourd’hui partout dans les océans du globe, y compris en Arctique. L’invasion des microplastiques ne s’arrête pas aux milieux aquatiques. On en retrouve aujourd’hui dans l’eau que nous buvons, dans les produits de la mer, dans le sel et même dans l’air que nous respirons.

microplastique

La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que l’Union européenne a décidé de s’impliquer dans la lutte contre cette pollution.

Les citoyens et les politiques de plus en plus concernés

Les citoyens européens, au cours de la consultation Voice for the Ocean menée par Surfrider en 2018, ont très largement exprimé que la lutte contre les micoplastiques devait être la priorité de l’Union européenne pour la préservation de l’océan. Comment l’UE agit-elle?

Lors de la publication de la stratégie sur les matières plastiques, l’Union européenne s’était engagée à travailler sur l’interdiction des ingrédients microplastiques ajoutés intentionnellement à certains types de produits (cosmétiques et produits de soins, détergents, produits de nettoyage, peintures, produits utilisés dans l’industrie pétrolière et gazière, ainsi que les fertilisants agricoles).

Dans ces produits de consommation, les particules microplastiques sont le plus souvent utilisées comme matières abrasives (par exemple, des agents exfoliants ou de polissage connus sous le nom de «microbilles»), mais elles peuvent également avoir d’autres fonctions, comme contrôler la viscosité (épaisseur), l’apparence et la stabilité d’un produit.

microbille

C’est l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) qui a été chargée par la Commission européenne d’examiner la possibilité d’une restriction à l’échelle de l’UE de la mise sur le marché de particules de microplastiques ajoutées intentionnellement. L’ECHA va suivre la procédure prévue par le règlement REACH visant à limiter les substances qui présentent un risque pour l’environnement ou la santé. L’ECHA examine actuellement les utilisations intentionnelles possibles de particules de microplastiques dans des produits, les risques associés à leur utilisation et à leur rejet dans l’environnement, ainsi que les alternatives disponibles. Elle évalue également les impacts socio-économiques que pourrait avoir une restriction à l’échelle européenne.

Surfrider Europe, une expertise reconnue au niveau européen

L’année dernière, Surfrider Foundation Europe a contribué à l’appel à preuve et informations (call for evidence) organisé par l’ECHA en fournissant des études montrant l’impact des microplastiques sur l’environnement marin et leur potentiel impact sur la santé humaine.

Après examen des contributions et après évaluation des différents risques, l’agence européenne des produits chimiques a conclu qu’une restriction de la mise sur le marché des microplastiques ajoutés intentionnellement était justifiée au niveau européen. Le dossier de restriction publié en janvier 2019 propose des restrictions ainsi que des exigences en matière d’étiquetage et de déclaration.

Cette proposition est un premier pas dans la lutte contre la pollution microplastique s’accumulant dans notre environnement et la chaîne alimentaire puisqu’elle couvre un large éventail d’utilisations dans les produits de consommation et les produits professionnels.

Si elle est adoptée, la proposition pourrait entrainer la réduction de 400 000 tonnes de microplastiques rejetés dans les milieux aquatiques d’ici 20 ans.

Nous devons cependant rester vigilants et défendre la proposition de restriction afin qu’elle reste ambitieuse et que les entreprises utilisant ou commercialisant ce type de microplastiques n’essayent pas de la fragiliser. C’est la raison pour laquelle Surfrider va participer à la consultation publique en cours et s’assurer que l’industrie n’obtienne pas de dérogations ou de délais supplémentaires pour les éliminer de la composition de leurs produits, alors que des alternatives existent et sont déjà utilisées par des entreprises.

Surfrider Foundation Europe travaille sur la problématique des microplastiques depuis des années à travers notamment de la coalition Beat the Microbead. Elle mène également un travail d’influence auprès des décideurs publics nationaux et européens et a largement contribué à l’adoption de l’article 124 de la Loi pour la reconquête de la biodiversité de la nature et des paysages, consacrant des restrictions de la mise sur le marché de produits cosmétiques rincés à usage d’exfoliation ou de nettoyage comportant des particules plastiques solides. D’autres pays (le Danemark, la Suède, le Royaume Uni) ont aussi interdit les ingrédients microplastiques dans la composition de certains types de produits cosmétiques. Il est donc temps d’élargir cette interdiction à d’autres produits à travers l’Europe.

C’est un premier pas, mais la prochaine Commission et le Parlement européen qui entreront en fonction après les élections européennes de mai, devront également s’attaquer à d’autres sources de pollution microplastiques comme les granulés de plastiques industriels (aussi appelé pellets ou mermaid tears) ou les fibres issues des textiles contaminant les mers et les océans. Surfrider maintiendra la pression sur les institutions européennes pour qu’elles luttent contre cette pollution invisible des océans.

En savoir plus sur les résultats de
Voice for the Ocean

Elections européennes 2019 : place aux résultats de la grande consultation citoyenne « Voice for the Ocean »

Près de 7 000 participants ont contribué à la grande consultation citoyenne « Voice for the Ocean », lancée en juin 2018 et qui s’est clôturée en janvier dernier. Surfrider Foundation Europe tient à leur adresser ses plus chaleureux remerciements et s’engage donc aujourd’hui, à faire entendre leurs voix auprès des candidats à l’élection européenne du 26 mai prochain, afin que l’océan s’intègre au cœur du futur mandat parlementaire.

voice for the ocean

Une génération prête à s’engager

Cette grande consultation publique a vu s’exprimer des participants originaires d’une soixantaine de pays à travers le monde, dont 21 appartenant à l’Union européenne avec à leur tête la France, le Portugal, l’Espagne et l’Allemagne. Il apparait également que 60 % des citoyens qui ont souhaité apporter leur voix sont des citoyennes ! 15 % à s’être mobilisés ont par ailleurs entre 18 et 24 ans et plus d’un tiers, entre 25 et 34. Cette génération d’électeurs qui représente l’avenir de l’Union européenne semble donc prête à s’engager pour préserver l’océan.

Priorité à la lutte anti-plastique

Parmi les huit sujets qui ont été suggérés aux participants dans le cadre de la consultation, trois d’entre eux ont su retenir une attention toute particulière. La lutte contre la pollution microplastique dont souffrent les océans constitue à ce titre, selon les contributeurs, la préoccupation prioritaire. Elle est derrière suivie par l’exploitation off-shore des fonds marins ainsi que par les nuisances écologiques émises par le transport maritime.

La consultation a aussi été l’occasion de dégager des propositions politiques concrètes et efficaces pour s’attaquer à ces problématiques qui dépassent les frontières nationales. L’interdiction des microplastiques intentionnellement ajoutés aux produits de consommation, un moratoire sur les exploitations/explorations pétrolières ou gazières ou encore, la mise en place d’un label « transport écoresponsable » ont notamment été soulevés.

Les élections désormais en ligne de mire

consultation européenne

Les importants chiffres de participation à cette consultation traduisent une préoccupation croissante de la société civile à l’égard des menaces écologiques auxquelles sont confrontés les océans. Les données recueillies au cours de cette initiative démocratique sont autant de repères qui permettront à Surfrider Europe d’axer sa campagne de plaidoyers autour de sujets considérés par les citoyens, comme à traiter en priorité. Sur la base d’un rapport tiré de la consultation, l’association mettra au défi les partis politiques candidats d’inscrire dans leur programme des mesures concrètes en faveur d’un océan en bonne santé et ainsi, de peser de tout son poids dans une campagne électorale aussi indécise que déterminante.

En savoir plus sur
Voice for the Ocean

Biomédias sur les plages : les stations d’épuration dans le viseur

Depuis le début des années 2000, des milliers de biomédias s’échouent sur les littoraux. Surfrider Europe s’est rapidement mobilisé pour lutter contre cette pollution plastique nouvelle et des réseaux d’observations ont été mis en place pour suivre leur dispersion dans le milieu naturel. Après plus de 10 ans d’enquête, le fonctionnement des STEP (STations d’ÉPuration) est clairement pointé du doigt. L’heure est aujourd’hui au partage de nos informations sur l’origine des pollutions et à la mise en place de mesures réglementaires.

Des observations de terrain essentielles

Vous vous êtes certainement déjà demandé en vous promenant sur la plage ou les berges d’une rivière ce qu’étaient ces mystérieuses rondelles de plastique : camemberts de trivial pursuit, pâtes italiennes, ronds de marquage de taille pour cintre ?
1
Cette question, Francois Verdet, bénévole de Surfrider Foundation Europe, se l’est aussi posée quand en 2007 il les a observés pour la première fois sur les plages de la côte basque.
Après quelques semaines de recherches, une partie de l’énigme est résolue. Il s’agit de biomédias, supports en plastique utilisés dans les stations d’épuration.

Assez d’éléments pour que Surfrider mène l’enquête

Devant la prolifération des observations de biomédias en France et en Europe, Surfrider s’est lancé dans une investigation d’envergure. Ainsi pendant plus de 10 ans, un groupe d’expert a été créé aux côtés du lanceur d’alerte pour comprendre le paradoxe de cette pollution.

Qui les utilise ? Pourquoi se retrouvent ils dans les océans ? Comment limiter les pollutions ?
Vous trouverez toutes les réponses dans cette vidéo :

Mais Surfrider ne compte pas s’arrêter là!

Surfrider est peu à peu devenu l’organisme de référence sur le suivi de la pollution par les biomédias. Grâce au réseau d’observation mis en place et aux nombreux témoignages de terrain rapportés par les bénévoles ou simples citoyens à travers l’Europe, le mystère s’est peu à peu dissipé.
Carte Europe Biomédias

Mais ce combat n’est pas pour autant terminé et les pollutions continuent. Alors si vous êtes témoin d’une pollution par les biomédias, vous pouvez aussi faire partie de l’enquête en apportant votre témoignage. Chaque cas résolu est un pas de plus vers la fin des pollutions !

L’heure est maintenant venue de partager nos observations afin que des mesures concrètes soient prises. Quelles soient techniques ou réglementaires, des solutions devront être discutées auprès des décideurs et des gestionnaires de stations d’épuration.

En savoir plus

Les Initiatives Océanes, un succès prometteur

Cette année encore, le programme Initiatives Océanes de Surfrider Europe a fait le plein. Un plein de bénévoles soucieux et déterminés à agir dans leur quotidien contre la pollution plastique. Une prise de conscience commune et grandissante qui traduit une volonté de mettre un terme à ce fléau.

Les Initiatives Océanes, une science participative

Depuis maintenant 24 ans, le programme phare de Surfrider Europe souhaite mobiliser une communauté sensible à la protection de l’océan. Intégrer ces volontaires dans ce combat, leur donner les moyens de se saisir de la problématique et de participer de manière active et délibérée est l’un des leviers qui permettra à long terme d’enrayer cette catastrophe écologique.

Un travail de monitoring par la quantification et qualification des déchets retrouvés est réalisé et permet à l’ONG d’acquérir une expertise sur la pollution existante. Un support scientifique qui vient épauler la mission de lobbying à l’échelle européenne. Un suivi essentiel qui permet de comprendre l’origine et le cycle de vie des déchets. En effet, ce travail de terrain n’a pas pour principal objectif de maintenir nos plages intactes. Il permet d’informer sur la problématique des déchets plastiques provenant uniquement de l’activité de consommation. Cette sensibilisation met en lumière la nécessité de fermer le robinet à sa source et d’agir concrètement au niveau européen.

Une mobilisation en hausse

Le weekend de lancement du 21 au 24 mars dernier a réuni près de 5000 citoyens sur plus d’une centaine de plages à travers l’Europe. Plus conséquente encore que l’édition passée, cette convergence de sympathisants engagés traduit l’un des objectifs de Surfrider Europe, à savoir mobiliser d’année en année un plus grand nombre de personnes. Cet engouement illustre la vocation de nombreux citoyens à vouloir impulser un changement de comportement, une consommation sans plastique et promouvoir des solutions alternatives et durables.

SurfriderEneco2019-2667

Simon Witt, responsable du projet Surfrider Coastal Defenders et Marianne Thyssen, commissaire européenne chargée de l’Emploi et des Affaires sociales

Un argumentaire pour alarmer les décideurs

Voilà maintenant 24 années que Surfrider Europe parvient à mobiliser face aux pollutions marines grâce aux Initiatives Océanes organisées tout au long de l’année. Pour concrétiser cet activisme, Surfrider Europe et l’ensemble de ses sympathisants souhaitent que les autorités politiques et économiques démontrent leur soutient en agissant. En préconisant des réglementations plus strictes quant à la production et l’utilisation des plastiques, Surfrider Europe aspire à de nouveaux projets de lois comme récemment au travers de la directive Single Use Plastic de la commission européenne. Un travail de lobbying que permet la mobilisation sur le terrain et qui ne doit cesser afin d’orienter les politiques et ce, à quelques semaines des élections européennes.

C’est grâce à une mobilisation en constante hausse et une évolution des mœurs et des comportements que nous arrivons à traduire légalement des avancées significatives pour notre combat pour l’océan.

Grande America : 20 ans après l’Erika, l’histoire se répète ! 

Surfrider Europe compte porter plainte contre l’armateur et le capitaine du Grande America. Mais parce qu’une action en justice n’empêchera pas le scenario de se reproduire, Surfrider Europe lance également une pétition pour une régulation plus stricte concernant le transport maritime. Aidez-nous à faire avancer les lois pour protéger nos océans !

Grande America, un exemple de navire vétuste

Le 12 mars, le navire roulier hybride (transport de véhicules et de conteneurs) italien Grande America a coulé à plus de 300km à l’ouest des côtes françaises. Le navire de 214 mètres de long était en feu depuis dimanche 10 mars mais de mauvaises conditions météorologiques (mer forte et rafales de vent de 90 à 100km/h) ont rendu difficiles les opérations d’intervention et les 27 personnes à bord ont été évacuées.

Construit en 1997, le Grande America transportait 2200 tonnes de fuel lourd de propulsion, 365 conteneurs, dont 45 répertoriés comme transportant des matières dangereuses (100 tonnes d’acide chlorhydrique et 70 tonnes d’acide sulfurique) et 2000 véhicules. Il avait été retenu en 2010 au Royaume-Uni pour une série de déficiences techniques et depuis avait été ciblé pour plusieurs problèmes techniques dont une relative aux normes incendies.

Le lundi 11 Avril 2019 au large des cotes Bretonne. Le 10 mars 2019, le Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage (CROSS) d'Etel est informé par le Maritime Rescue Coordination Center (MRCC) de Rome de la situation à bord du navire italien « Grande America ». Le navire hybride roulier et porte-conteneurs (ConRo) «Grande America » a déclaré un incendie à bord, il se trouve à 142 nautiques au sud ouest du Finistère. L’équipage a était évacué par la Frégate britannique HMS « Argyll ». L'Amiral Lozier Jean-Louis, préfet maritime de la zone Atlantique, ordonne au Remorqueur d'Assistance et de Sauvetage (RAIS) Abeille Bourbon de rallier le navire. L'amiral décide d'envoyer l’Équipe d’Évaluation et d'Intervention (EEI) a bord du RAIS Abeille Bourbon afin d'évaluer la situation du navire. La Frégate Multi-Missions (FREMM) Aquitaine a appareillé lundi 10 avril au matin pour rejoindre le bâtiments et apporter son soutien logistique a cette opération.

Jeudi 14 mars après-midi, deux nappes de pollution aux hydrocarbures ont été identifiées : une première “d’aspect compact, mesure 13 km de long par 7 km de large, tandis que la seconde, d’aspect disloqué, mesure 9 km de long par 7 km de large, a précisé le porte-parole de la préfecture maritime de l’Atlantique Riaz Akhoune.”(Cnews.fr – 14 mars 2019).

Le gouvernement français a lancé des moyens importants anti-pollution, dont la mise en demeure de l’armateur. La France peut compter sur la collaboration européenne de l’Agence Européenne de Sécurité Maritime et notamment des moyens espagnols.

Surfrider Foundation Europe et le transport maritime, un combat politique et juridique

Surfrider Foundation Europe, depuis 29 ans d’existence, a fait de la lutte contre la pollution en mer sa vocation. Engagée pour la protection du milieu marin, l’ONG a développé une expertise dans le domaine du transport maritime, notamment sur la problématique des pollutions par les navires.

Surfrider Europe compte porter plainte contre l’armateur italien et le capitaine du navire. Elle va se constituer partie civile dans le cadre des poursuites engagées par le parquet afin de s’assurer que les pollueurs soient condamnés à la hauteur des dégâts environnementaux générés pour l’océan, sa biodiversité, et les côtes.

Surfrider Europe lance une pétition pour améliorer la réglementation du transport maritime international

Aujourd’hui Surfrider Europe fait appel à votre soutien à travers cette pétition pour montrer aux autorités publiques, à nos gouvernements nationaux et internationaux, aux instances maritimes mondiales mais également aux armateurs et professionnels du secteur maritime qu’il n’est plus acceptable de connaître de telles catastrophes environnementales, et que des sanctions exemplaires devront être prises.

Surfrider Europe demande aujourd’hui aux autorités publiques européennes et internationales :

  • Le renforcement de la réglementation internationale en matière de transport maritime lié à la perte de conteneurs
  • Plus de transparence sur la perte de conteneurs en mer et l’instauration d’un système de déclaration de perte. Depuis 1994, Surfrider a répertorié et tracé plus de 16 000 conteneurs perdus en mer dont à peine 2% ont pu être récupérés
  • Plus de contrôles sur la qualité des navires et interdire la navigation des navires vétustes pour éviter les catastrophes écologiques comme celle de l’Erika il y a 20 ans et du Grande America aujourd’hui.

Surfrider Europe présentera la pétition aux représentants du monde entier lors de la prochaine réunion de l’OMI (Organisation Maritime Internationale) qui se tiendra en mai.

Plus que jamais, votre voix compte pour soutenir l’action de Surfrider Europe et augmenter le poids de nos revendications auprès des autorités.

Signer la pétition

Décision possible d’une zone d’émissions contrôlées en Méditerranée au cap 2022

Ce 18 janvier dernier, lors d’une rencontre officielle entre les différents acteurs du transport maritime en mer Méditerranée, le gouvernement français a réaffirmé sa volonté de créer une zone d’émissions contrôlées (ECA) d’ici 2022. Cela fait suite à la publication d’un rapport sanitaire détaillé réalisé par un consortium- public-privé, qui donne raison à ce projet au vu des bénéfices qu’il engagerait.
Tanker en mer Méditerranée

Donner l’exemple en allant plus loin

Ce projet mené par le gouvernant français a pour but ultime d’assainir le bassin méditerranéen en limitant les émissions de particules polluantes provenant notamment de l’activité maritime. En effet, le trafic se densifiant, la réglementation de nouvelles techniques de propulsions propres devient primordiale. L’exemple du bassin marseillais est sans appel, le transport maritime y est responsable de 20% des émissions d’oxydes d’azote, 70% des émissions d’oxydes de soufre, et 2% des émissions primaires de particules fines.

En février 2016, les pays méditerranéens avaient déjà adopté une stratégie régionale de prévention et de lutte contre la pollution marine provenant des navires.

En 2020, une nouvelle réglementation internationale entrera en vigueur. Elle devra largement réduire la pollution en Méditerranée : le taux maximal autorisé de soufre dans le carburant passera de 3,5% à 0,5%. Profiter de ces nouvelles normes, c’est ce que le gouvernement français souhaite faire en formulant une proposition commune avec ses voisins méditerranéen auprès de l’OMI (Organisation Maritime Internationale). La création d’une ECA en Méditerranée, à l’instar des zones protégées déjà existantes dans les Mers du Nord et Baltique, viendrait approfondir davantage l’engagement de la France et des pays concernés dans cette lutte en abaissant les normes au plus bas, jusqu’à 0,1% pour le souffre.

Les armateurs face à leurs responsabilités

Les associations environnementales (France nature environnement, Cap au Nord…) étaient présentes à cette réunion afin de mettre les compagnies maritimes face à leurs responsabilités, appelant à des initiatives locales et évoquant notamment le système des scrubbers (installé par certains armateurs sur leurs navires pour nettoyer les fumées nocives et passer sous le fameux seuil des 0,5 % de soufre), dont les eaux usagées et polluantes sont parfois rejetées en mer au lieu d’être vidangées à quai.

En face, représentés par Jean-Marc Roué représentant des compagnies maritimes et Jean-François Suhas, président du club de la croisière Marseille Provence, les armateurs ont bien évoqué leur intention de coopérer et de soutenir aussi bien qu’ils le pourront ce projet. Bien qu’ils est exprimé une réticence au vu des échéances et des coûts qu’occasionneraient de telles normes,

« Nous, armateurs, ne demandons pas de reculer sur ces normes, mais il faut être conscient que ça prend du temps, que ça va avoir un coût. Et ce coût, les citoyens du monde le supporteront aussi », a expliqué Jean-Marc Roué.

Les prochaines étapes

La France va durant cette année 2019 tenter de se rapprocher de plusieurs pays européens qui souhaiteraient se joindre à l’initiative et soutenir le dossier. C’est ensuite le conseil de l’Union européenne, responsable de la compétence « qualité de l’air » qui donnera son accord pour qu’un dossier soit déposé auprès de l’OMI d’ici mars 2020. L’objectif étant une entrée en vigueur de la zone ECA en Méditerranée en 2022.

Surfrider reste mobilisé contre le projet de port à Bretignolles-sur-Mer

La communauté de communes du Pays de St-Gilles-Croix-de-Vie a repris le projet de port de plaisance de Bretignolles-sur-Mer et l’a de nouveau soumis à une concertation préalable du public. Pour les associations environnementales actives sur ce dossier, la réponse est toujours NON.

plage de la Normandelière, Pays St-Gilles-Croix-de-Vie

plage de la Normandelière, Pays St-Gilles-Croix-de-Vie

Retour sur l’historique du dossier

Depuis 2003 la municipalité de Brétignolles-Sur-Mer projette la création d’un port de plaisance de 500 anneaux sur le lit du ruisseau de la Normandelière. A l’époque, la municipalité avait lancé une consultation informelle, en évitant évidemment de mettre les problématiques environnementales en avant. Après 3 projets rejetés par la préfecture en demande d’Enquête Publique, une 4e version de port mais cette fois-ci de 900 anneaux, finit par être soumise en 2011, avec pour bilan un avis défavorable sur les 7 enquêtes. La raison l’avait emporté sur la démesure d’un dossier cumulant dangers et forts impacts sur l’environnement. Pourtant, en 2017, la communauté de communes de Saint-Gilles-Croix-de-Vie (dont le Président n’est autre que le porteur de projet, Christophe Chabot, Maire de Brétignolles-sur-Mer), relance le débat avec une seconde Enquête Publique sur un projet similaire. Depuis le début de ce projet des associations telles que la Vigie, le CPNS, la Ligue Nationale pour la Protection des Oiseaux, France Nature Environnement et Surfrider Foundation Europe se mobilisent pour alerter la population et les impacts d’un tel projet.

Des constats malheureusement similaires à l’ancien projet

L’impact d’un tel projet sur le littoral à court, moyen et long terme, ainsi que sur l’avenir des espaces agricoles et naturels, est tout aussi mauvais que dans la version de 2011. « Nos associations ont analysé le dossier soumis à la concertation et nos points de divergence exprimés en 2011 sont pour l’essentiel toujours d’actualité », déclare Yves Le Quellec, président de Vendée Nature Environnement ; « un tel parti d’aménagement serait la cause de dommages de grande ampleur à l’environnement, et ce littoral caractérisé par une dynamique érosive significative doit être préservé de tout projet de ce type. »

Le rapport de la commission d’enquête favorable à la construction du port

En novembre 2018, la commission d’enquête a délibérément ignoré les nombreux arguments des associations locales et environnementales, préférant insister sur les arguments du maître d’ouvrage. Il semblerait donc que les intérêts économiques prévalent sur les intérêts environnementaux. Le positionnement de ce rapport et ses conclusions apparaissent de nature politique, en totale contradiction avec les règlements sur l’environnement.

Il faut savoir également que la commission d’enquête n’ayant pas de pouvoir de décision en tant que tel, seul le préfet de Vendée aura la main mise sur ce dossier houleux. Les opposants à ce projet espèrent que l’État saura prendre la décision correspondant à ses missions, protéger le patrimoine naturel pour le bien de tous.

Port_Bretignolles_maquette

Le projet prévoit un port de plaisance de 915 anneaux sur 2 km², Pays Saint-Gilles-Croix-de-Vie

Un bras de fer interminable

Voilà maintenant 10 ans que Surfrider Europe suit ce projet de construction avec son antenne Indre-et-Loire. Le chantier du port est prévu en partie sur une zone humide (zone Grand Marais), et elle perturberait non seulement les écosystèmes présents dans cet espace naturel, mais nuirait également aux nappes phréatiques souterraines. Les digues quant à elles, détruiraient les spots de surf au sud de la ville. C’est donc naturellement que Surfrider Europe ainsi que d’autres associations locales et de protection de l’environnement se sont positionnés contre ce projet néfaste pour le littoral.

Le combat continue…

Une journée historique dans la lutte contre la pollution plastique

Aux premières heures, mercredi 19 décembre, l’Union européenne a conclu un accord historique visant à lutter contre la pollution plastique de nos rivières, nos plages et nos océans. Les amendements convenus ciblent les principaux objets retrouvés sur les plages européennes et font de l’UE la première région à adopter un ensemble ambitieux de mesures, y compris des interdictions, visant à réduire les plastiques à usage unique.

Une grande victoire pour Surfrider après plus de 10 ans de campagne

utilisés que sur une très courte période, quelques minutes à peine, mais peuvent persister et nuire à notre environnement pendant des siècles. On estime qu’ils représentent 80% de la pollution marine !

© @beccalovesart ⁣

© @beccalovesart ⁣

À travers le programme Initiatives Océanes et ses campagnes contre les plastiques à usage unique telles que « Ban the Bag » ou « Reset Your Habits« , Surfrider Europe sensibilise chaque année des milliers de personnes à la pollution plastique, et plus particulièrement aux plastiques à usage unique en proposant des solutions alternatives afin de les éliminer de notre quotidien.

Surfrider Foundation Europe mesure et contrôle également la quantité de plastique à usage unique retrouvé sur les plages et dans l’océan depuis des décennies et a grandement contribué à sensibiliser les citoyens et les décideurs sur la question, créant ainsi les bases pour l’adoption de ces nouvelles mesures ambitieuses.

Aujourd’hui, nous sommes très fiers de constater que le travail de nos équipes et de nos bénévoles, du terrain jusqu’aux plus hautes institutions européennes au fil des années a grandement porté ses fruits.

Un accord historique sur des points cruciaux

L’accord conclu entre le Parlement européen, le Conseil européen et la Commission européenne, comprend l’interdiction des couverts et assiettes en plastique à usage unique, des pailles, des agitateurs, des coton-tige et tiges à ballon. Elle interdit également les récipients pour aliments et les gobelets en polystyrène expansé, et les plastiques oxodégradables, particulièrement nocifs pour l’environnement. Ces interdictions s’appliqueront à travers l’UE à partir de 2021.

jonathan-chng-1057613-unsplash

Pour les bouteilles en plastique, « pollueur en série » de nos plages et de l’océan, plusieurs nouvelles règles ont été adoptées : le bouchon des bouteilles devra être attaché et celles-ci devront contenir au moins 30% de matériau recyclé. Egalement, 90% des bouteilles devront être collectées séparément d’ici 2029, par exemple par la mise en place de consignes demandées par Surfrider Europe.

Également, les nouvelles lois visent à tenir les producteurs de plastiques à usage unique, de cigarettes et d’équipement de pêche, responsables des impacts environnementaux de leurs produits en les obligeant à couvrir les coûts de gestion des déchets, de nettoyage et sensibilisation. Cette mesure devrait inciter les producteurs à modifier la conception de leurs produits pour les rendre plus durables.

SFE salue les règles européennes adoptées aujourd’hui, qui constituent un grand pas en avant dans la lutte contre la pollution plastique, mais avertit qu’elles n’auront un impact important que si elles sont pleinement appliquées par les gouvernements de l’UE et vont de pair avec le développement des alternatives réutilisables et des modifications des modes de production et de consommation.